Le Machu Picchu clôture en apothéose notre voyage sud-américain !

NOTE : Mise à jour des photos de Bolivie et du Pérou.

Après nous être remis de nos émotions, nous avons décidé de ne plus trop nous morfondre pour le vol de notre ordinateur.  Après tout, on a une chance folle de pouvoir voyager et d’autant plus de pouvoir partir pendant plusieurs mois, en étant sur les routes à vélo, à la découverte de continents et de cultures différentes et variées !  La perte de cet ordinateur n’est que bien peu de chose par rapport à tout cela.  L’ordi n’avait pas une valeur très importante (d’ailleurs, si notre voleur ne s’y connait pas fort et sans avoir le chargeur  – qui est resté dans notre sac –, difficile sans doute pour lui d’en tirer grand-chose à la revente).  Et puis, heureusement, la plupart de nos photos étaient sauvegardées sur les cartes mémoires de nos appareils ou sur clef USB.  La meilleure chose à faire était donc de repartir positivement pour profiter pleinement de la suite du voyage !

A présent, nous avions un nouvel objectif en tête : la visite du célèbre Machu Picchu !  Pour cela, il fallait nous préparer pour la véritable petite « expédition » qui nous attendait.  Bien sûr, les voies d’accès sont maintenant bien plus facile qu’à l’époque des Incas, au 15e siècle, ou que lors des redécouvertes du site à la fin du 19e et au début du 20e siècle.  Cependant, étant donné qu’il n’y a pas vraiment d’accès facile prévu pour les voyageurs à vélo, il fallait nous renseigner un minimum.  En ayant reçu les infos de compagnies organisant des tours pour aller visiter le Machu Picchu et en ayant trouvé sur internet les conseils de plusieurs cyclistes, nous avons planifié notre expédition.  Habituellement, les touristes se rendent au Machu Picchu en bus, puis en train pour les derniers kilomètres, avec parfois une partie à vélo et à pied pour les plus aventureux.  Pour notre part, il nous faudrait trois jours de vélo puis une journée de marche pour arriver à Aguas Calientes, le « village du Machu Picchu », se trouvant au pied de l’ancienne cité inca.

D’abord, il nous fallait quitter Cusco.  Comme d’habitude, les sorties de grosse ville ne sont jamais les routes les plus marrantes, au milieu du flot de voitures et de bus et dans les gaz d’échappement.  Comme lors de notre sortie de La Paz quelques semaines plus tôt, c’est à nouveau à une longue montée que nous avons dû faire face pour sortir de Cusco.  Parfois, la pente des rues empruntées était vraiment vertigineuse, nous obligeant à être sur le plus petit développement, en danseuse, et à nous arrêter sur le bord de la route en fin de montée pour reprendre notre souffle (et faire se calmer notre cœur !).  Une fois sorti de la ville, c’est sur une route assez agréable, au milieu des champs, que nous évoluions.

En chemin vers le Machu Picchu, nous avions décidé de visiter également plusieurs autres vestiges incas.  En premier lieu, c’est par les salineraies de Maras que nous sommes passés.  Ces constructions en terrasse servaient aux incas à récolter du sel à partir de sources d’eau salée.  En faisant passer l’eau d’un bassin à l’autre et en la laissant s’évaporer, on obtient en fin de compte du sel à l’état solide.

Après avoir observé ce spectacle surprenant depuis la hauteur, il était temps pour nous de trouver un endroit où dormir.  C’est face à un paysage grandiose, mêlant montagnes aux sommets enneigés, prairies d’un vert éclatant et forêts sombres, tout ça renforcé par la splendide lumière du soleil au crépuscule, que nous avons planté notre tente !

Le lendemain matin, un second site archéologique nous attendait : Moray.  Au sein de grandes combes, les incas ont fabriqués des structures faites de la superposition de larges terrasses circulaires.  La fonction de ces constructions n’est pas encore parfaitement définie.  Bien que ça puisse faire sembler à un site de cérémonies religieuses, presque à un site extraterrestre, il semblerait que c’était en fait un lieu d’expérimentation botanique pour les incas.  La structure en cuvette ayant pour conséquence que chaque niveau de terrasse possède des conditions différentes de température et d’humidité, cela permettait de trouver les conditions optimales de croissance de plantes variées.  En plus de cela, par croisement et sélection, les incas ont peut-être pu obtenir de véritables « améliorations génétiques » pour avoir les plantes les plus productives possibles.  Toujours est-il que ce site nous a marqué par son ingéniosité et sa taille, d’autant plus impressionnante en descendant au cœur de ces structures.

Par la suite, après plus de 1000 mètres de dénivelés descendus par un chouette petit chemin sinueux vers la vallée en contrebas, c’est à Ollantaytambo que nous avons admiré d’autres vestiges encore.  Accrochées à flanc de montagne, nous n’avons contemplé ces constructions pluri-centenaires que de loin, devant continuer notre avancée vers le Machu Picchu pour être dans les temps.  A présent, c’est à une nouvelle longue ascension que nous faisions face.  Tout d’abord, 16 kilomètres de montée sur une route dont les lacets semblaient interminables, dans un environnement très boisé et très vert et sous une pluie ininterrompue.  Puis, le lendemain matin, 21 kilomètres de grimpette supplémentaire jusqu’au col d’Abra Malaga, à 4316 mètres d’altitude.

Au sommet, il faisait assez froid, et avec la descente qui nous attendait nous nous sommes habillés chaudement : pantalon, gants, grosse veste, bonnet, etc …  Trois heures plus tard, après 76 kilomètres de descente et 3100 mètres de dénivelés négatifs, c’est dans un environnement presque tropical que nous avons atterris !  Finalement, c’est en short, t-shirt et sandales que nous avons terminé la descente 🙂

En cours de descente, nous avons dû nous arrêter pour remplacer les patins de frein de Benjamin, car l’usure excessive de ceux-ci et l’inefficacité du freinage en résultant lui a valu une petite frayeur : dans un tournant serré et alors que la route se rétrécissait, nous sommes arrivés tout droit face à un camion occupant toute la largeur de la route (mais heureusement presque à l’arrêt).  Mes freins, serrés à bloc, m’ont permis de m’arrêter à temps, mais il n’en a pas été de même pour Benjamin qui a percuté l’arrière de mon vélo et s’est retrouvé couché sur le macadam…  Plus de peur que de mal, mais un bon rappel à l’ordre quant à la prudence et l’attention nécessaire à chaque instant !

A Santa Maria, en bas de cette vertigineuse descente, changement de route et de direction pour remonter une autre vallée, vers le Machu Picchu.  Au sein de cet environnement très différent de tout ce qu’on avait vu jusqu’à présent, dans un climat tropical et au beau milieu d’une végétation luxuriante, c’est une petite route de pierre et de terre que nous empruntions.  Remontant une large rivière serpentant au fond d’une vallée très encaissée, ce chemin étroit, sinueux et longeant par moment un haut précipice, ne nous rassurait qu’à moitié. Mieux valait ne pas trop regarder en bas pour ne pas être pris par le vertige…  Après quelques heures sur cette route, nous avons trouvé un tout petit coin de sol plat pour poser nos tentes.  Cet endroit assez incroyable, surplombant une impressionnante rivière et au milieu d’une végétation très dense, est certainement un des « coins dodo » parmi les plus mémorables de notre voyage ! (mais qui ne sera malheureusement pas présent dans nos albums photos)

Le lendemain matin, nous atteignions Santa Teresa.  A présent, interdiction formelle de continuer à vélo.  Il faudrait continuer la route à pied et laisser nos vélos sur place pour quelques jours (nous avons trouvé une petite auberge à cet effet).  C’est sac au dos que nous avons marché durant quelques heures, longeant la même rivière que la veille, toujours aussi bruyante, bouillonnante et d’une puissance impressionnante !

Les derniers kilomètres sont effectués le long d’une ligne de chemin de fer jusqu’à arriver à Aguas Calientes, village touristique par excellence.  Après avoir délié notre bourse pour acheter les tickets d’entrée, c’est de bonne heure que nous avons été nous coucher, de manière à être en forme pour la longue journée qui nous attendait le lendemain.

Réveil à 4 h, départ à 5 h 30.  Après une bonne heure de marche, dont 40 minutes de montée ininterrompue et réalisée au pas de course, dépassant tous les autres touristes, nous étions devant les portes du site.  Après une rapide première vue du site et 2 – 3 photos, nous avons choisi de directement monter jusqu’au sommet de la montagne Machu Picchu (Machu Picchu signifiant « vielle montagne » en quechua, ndlr).  Malgré l’abondance de touristes dans ce lieu extrêmement visité, nous avions un peu l’impression d’être seuls au monde, en étant les premières personnes de la journée à gravir cette montagne (que peu de touristes escaladent).  Arrivés au sommet, la vue plongeante sur le site était vraiment sublime.  Entouré de hautes montagnes et de profondes vallées, le Machu Picchu semble perché à un endroit improbable, sur une petite crête quasiment inaccessible et presque invisible depuis le fond de la vallée.  Avec les nuages remontant par vagues depuis la vallée, la cité inca disparaissait par moment dans les nuages, semblant se volatiliser, pour réapparaitre d’autant plus rayonnante quelques minutes plus tard !  Après une multitude de photos (d’ailleurs, Benoît est en passe de lancer un nouveau concept pour allier mode et culture, avec des photos en sous-vêtements ! 😀 ), nous sommes redescendus jusqu’à la cité, au sein de laquelle nous nous sommes baladés un moment.  Après avoir fait tout le tour du site du Machu Picchu, repus de photos et plein d’images en tête, nous sommes repartis vers Aguas Calientes.

Quelques heures de marche dans l’autre sens et nous retrouvions nos chers vélos sans dommage (bien qu’un événement mystérieux, avec une clef inconnue trouvée dans notre chambre nous intriguera encore bien longtemps – mais c’est une longue histoire).  Le lendemain, retour vers Cusco, en voiture et minibus cette fois, nos vélos accrochés sur le toit.  Avec notre vol réservé quelques jours plus tard, c’est un nouveau bus qu’il fallait trouver pour rejoindre Lima dans les temps.  A Cusco, nous avions encore juste le temps de voir une dernière fois notre amie Corinne, très sympathique cycliste Américaine croisée à plusieurs reprises depuis San Pedro de Atacama au Chili, et avec laquelle nous avions gardé des contacts assez réguliers par mail.  Une vraie « addict » du voyage à vélo, elle qui a déjà parcouru énormément de pays depuis beaucoup d’années et qui semble toujours aussi enthousiasmée par ce type de voyage et de découvertes 🙂

Après une vingtaine d’heures de bus (une bonne « mise en jambe » avant notre trajet vers l’Asie…), nous voici arrivés à Lima, chaleureusement accueillis dans la famille de connaissances.  Saturnino nous a aidé de son mieux, presque de manière paternaliste, pour que tout soit aussi bien prêt que possible avant notre avion (démontage des pédales, cartons et autre matériel pour emballer et protéger les vélos, transport jusqu’à l’aéroport), son fils nous a fait une petite visite du centre-ville, alors que sa fille, Fiorella, nous faisait goûter toutes les spécialités péruviennes !

Cette fois, notre emballage des vélos était un peu moins amateur que la fois précédente (est-ce que les vélos en sont mieux protégés pour autant, c’est une autre histoire…), tous nos sacs étaient bouclés et nous étions fin prêts pour nous lancer vers les contrées asiatiques !

Après 3 mois incroyables passés sur les routes sud-américaines, ayant parcouru l’interminable pampa argentine, côtoyé les sommets dans la Cordillère des Andes, visité des sites touristiques majestueux et à la hauteur de leur réputation, découvert des endroits d’une beauté insoupçonnée, souffert et eu peur à certains moments, apprécié et profité de l’instant à beaucoup d’autres, et fait tant des rencontres humaines touchantes et inoubliables, c’est la tête pleine de souvenirs que nous terminons ce chapitre de notre périple !

A présent, nous commençons l’écriture du chapitre suivant.

–  Antoine

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6 commentaires pour Le Machu Picchu clôture en apothéose notre voyage sud-américain !

  1. lecomte dit :

    merci benoit d’avoir sonné à antonin

  2. Claire dit :

    Super ce récit et vos jours vers et dans le Machu Picchu !
    Bonnes découvertes en Asie et gros bisous.

  3. Thib dit :

    Bande de chanceux ! Continuez comme ça !!!

  4. Anonyme dit :

    Votre récit est super, hate d’avoir la nouvelle mode benoit, mais franchement les photos nickels et la cité trop magnifique aller bonne chance a vous

  5. Catherine Deschamps dit :

    Ouffff! Je reprends ma respiration à fond…pour vous écrire un petit mot d’admiration époustouflée et émue d’avoir lu ton compte-rendu Antoine sur votre découverte de la Vieille Montagne-Macchu Pichhu. Nous vous souhaitons encore beaucoup de découvertes garndioses comme elle là!
    Bisous belges,
    Tantine Catherine

  6. Xavier dit :

    Quelle apothéose !
    Encore merci à vous trois pour ces magnifiques récits qui nous permettent de vous suivre et d’imaginer quelque peu l’émerveillement de toutes vos découvertes du monde.
    Vos dernières photos, notamment du Pérou, sont splendides !
    Bonne suite de voyage …
    Xavier

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