La tête dans les étoiles, le clapotis de l’eau dans les oreilles

NOUVELLE : nous jouons de malchance avec la technologie, et notre ordinateur portable est présentement victime d’un virus qui le rend complètement inutilisable, du moins temporairement. Nous risquons donc de ne plus pouvoir poster de vidéos d’ici notre retour, cela exigeant du temps, une conversion de fichiers et l’utilisation d’un logiciel particulier. Par contre,  les photos devraient suivre tôt ou tard, les solutions ne manquent pas à ce niveau-là. Il vous faudra peut-être attendre un peu pour les photos de nos hôtes et des nos milliers de km. Nous tâcherons aussi de rattraper la narration de notre voyage pour être à nouveau à jour en entamant l’Europe. Nous trouverons bien le temps de rédiger manuscritement nos péripéties chinoises et mongoles au cours des 5 jours de trains que nous passerons dans le transsibérien, dans lequel nous embarquerons dans quelques heures.

NOTE : en raison de certaines circonstances, l’article de nos aventures au Nord-Vietnam fut posté récemment par Benjamin avant celui du Laos (qui suit ci-dessous). Hors, chronologiquement parlant, notre itinéraire fut « Vietnam-Laos-Vietnam ». Le récit qui suit se situe donc temporellement entre les deux derniers publiés. Je tenais juste à éclaircir ce point pour plus de clarté pour votre lecture. Enjoy ! 🙂

Notre brève incursion au Laos

Comme l’expliquait précédemment Antoine, c’est avec soulagement que nous sommes entrés au Laos. Les quelques déboires condensés en l’espace de 3 jours de route au Vietnam nous avaient rendus envieux de changer d’air. De plus, après de tels incidents, il devient difficile de rester aussi ouvert aux rencontres du quotidien. Devenu méfiant, je me rendais compte que je ne profitais plus pleinement de l’instant présent et bien que conscient de cela, je n’arrivais pas à surmonter totalement cette barrière psychologique.

D’entrée de jeu, tout s’annonçait sous les meilleures auspices pour notre séjour au Laos. Nous voilà à peine de l’autre côté de la frontière que l’on nous offre de l’eau chaude pour les nouilles instantanées au magasin le plus proche. Ensuite, un homme baragouinant un peu d’anglais vient nous proposer de partager un pot avec lui. Après réflexion, c’est à contre-coeur que nous avons refusé son offre, car le jour déclinait et nous ne savions toujours pas où dormir. Pour finir, au moment de nous en aller, nous avons droit à une dégustation de belles brochettes de viande et de légumes qu’un groupe de personnes faisait griller paisiblement sur un barbecue.

Repus et heureux, c’est donc dans une excellente disposition d’esprit que nous avons entamé ce nouveau chapitre de notre aventure asiatique. Pour couronner le tout, nous nous en allâmes sous un feux d’artifice de rose, d’orange, de mauve et de violet, excellent spectacle de mise en bouche qui ne pouvait qu’augurer que du bon.

Après une vingtaine de kilomètres dans le noir de la nuit qui nous avait rattrapé, nous finissons par atteindre ce qui était maintenant devenu pour nous une sorte de seconde maison : un temple bouddhiste. Nous avions bien cherché à éviter de rouler de nuit, mais de même que pour nos quelques nuits passées au Vietnam, les personnes auxquelles nous nous adressions nous refusaient l’hospitalité. Sur le moment, cela vexait toujours un peu. D’accord, nous ne sentons peut-être pas la rose, et certes, nous avons peut-être des grosses barbes, mais tout de même, nous n’avons pas l’air de brigands pour autant ! Et puis, on demande juste un petit carré de terre pour poser la tente, pas plus. Mais par la suite, nous avons compris que cela n’était pas dans les moeurs des laotiens. Il se peut même qu’à l’instar du Vietnam, l’état exige des habitants qu’ils signalent la présence d’étrangers dans leur demeurre quand ils les hébergent. Bref, au final des complications pour eux, et un peu pour nous aussi d’ailleurs. Heureusement qu’il nous reste les temples ! Comme de coutume, l’accueil y est poli et chaleureux. L’architecture des lieux, les décorations sur les toits, les peintures aux plafonds et sur les murs nous charment les yeux. On y respire toujours la sérénité. Et surtout, surtout, on y trouve des sanitaires ! Au passage, il faut préciser un fait important à ce sujet. Certains de nos lecteurs nous prennent peut-être pour des baroudeurs de l’extrême qui négligent occasionnellement leur toilette en dépit de conditions favorables pour la réaliser, les circonstances obligeant. Je pense surtout au triste record qui me concerne dans la page des stat’s qui m’a valu des calculs amusants de la part d’un de nos lecteurs. Je me dois donc de rétablir notre honneur sur notre odeur pour vous défaire de toute fausse image que vous pourriez avoir de nous sur ce point. Il est vrai que les conditions n’ont pas toujours été faciles dans les étendues désertiques du Chili ou encore perchés au sommet des Andes, ce qui nous a rendu parfois quelque peu oublieux de notre toilette. Mais en Asie, nous suions sang et eau au point de parfois boire jusqu’à 6 litres de flotte sur une journée. Nous nous sommes sentis sales à chaque fin de journée. Mais nous avons eu le bonheur d’accueillir de quoi nous décrasser quasi chaque soirée. Nous sommes donc, somme toute, restés relativement propres, du moins chaque début de matin et chaque soir. La vérité maintenant rétablie sur notre hygiène, je vais revenir sur le temple dans lequel nous venions de nous installer.

Comme dans chaque temple, nous palabrons avec les moines qui viennent nous tenir compagnie, intrigués par nous et notre voyage. Quelques blagues sur nos poils au menton et sur leur peau glabre, un petit topo de notre tour sur une carte du monde, et une balade sur vélos pour les plus jeunes, un sur le porte-bagage, l’autre en danseuse sur les pédales car la selle est trop haute. Des moments simples, fugaces, mais ô combien appréciables.

Le lendemain fut le théâtre d’un évènement marquant qui faillit se finir tragiquement. Je me suis réveillé ce jour-là plus dans les gaz que d’habitude (ceux qui me connaissent pourront vous dire que je ne suis pas quelqu’un du matin, ce qui est un euphémisme). Après une petite pause déjeuner dans une bicoque à la sortie du temple, nous nous remettons en route, avec une belle côte pour nous mettre en jambes. C’est derrière Ben et Antoine, que je perds vite de vue, que je l’attaque.

Perdu dans mes pensées et dans la contemplation du paysage offrant de belles collines à l’horizon, je mets un petit moment à m’apercevoir qu’il est étrange qu’ils aient pris autant d’avance en si peu de temps… Pas grave, je sais quelle est la route, et si je suis devant, ils me rattraperont. Soudain, je tique : « Tiens, il y a un léger voile sur ma roue avant, comment ne l’ai-je pas vu plus tôt? » et peu après « Mon calecon fraîchement lavé (plus frais que moi en tout cas) sècherait bien mieux si je l’accrochais à ma sacoche guidon plutôt qu’à ma corne ». Ha. PUNAISE ma sacoche guidon ! Dans un éclair d’horreur et de stupéfaction, je réalise que je roule sans cette précieuse sacoche (ce qui explique que je peux voir ma roue avant), qui contient plus que la prunelle de mes yeux : porte-feuille, argent, cartes bancaire et de crédit, passeport, caméra, mp3, permis de conduire et carte d’identité. Le seul truc à pas paumer. Et je l’oublie ! Et je m’en rends compte après 5 km de route ! Je fais recta demi-tour, passe au troisième plateau, dixième vitesse, et fonce littéralement tête baissée, pédalant comme un damné pour éviter de trop penser aux conséquences. Je pédale tellement comme un fou, tellement tête-baissée, que je n’aperçois même pas Ben et Desch, qui rigolent bien que je les manque pour la deuxième fois de la journée quand je les croise. M’arrêtant près d’eux, hors de voix, je pointe du doigt le vide de ma sacoche-guidon. « Oh punaise, mais elle est où? » s’exclame Ben? Pas le temps de répondre, je repars illico, troisième plateau, dixième vitesse. L’adrénaline me donne des ailes et je gravis les côtes comme jamais je ne l’ai fait auparavant. Me voilà de retour à la petite bicoque. Hors d’haleine cette fois, et la peur au ventre, je me dirige vers la serveuse. Occupée au téléphone, elle me montre de la main le mur, sur lequel est accroché la sacoche ! Hallelujah ! Dieu existe, et les laotiens sont bons ! Extrêmement soulagé mais me sentant un peu ridicule, je vais rejoindre Ben et Desch. Je suis tout penaud rien qu’à l’idée des conséquences qu’auraient représenté la simple perte de mon passeport, pour ne pas évoquer le reste… Il faut savoir que je suis un graaaaaand distrait. Et quand je suis relativement mal réveillé, ç’est le combo fatal. Heureusement qu’en d’autres occasions, j’avais Ben et Desch pour surveiller mes arrières. Et comme je suis un spécialiste, je peux vous dire que j’en suis à mon 4ème gant de toilette du voyage. Mais c’est une autre histoire. On a d’ailleurs tous notre spécialité. Benjamin, il perd ses affaires DANS ses sacoches, pour les retrouver 10 jours plus tard. Bref.

Les collines ne sont plus seulement à l’horizon, on arrive en plein dedans et ça commence à grimper sec. Timides tentatives de stop au cours de l’ascencion, sans succès. C’est probablement comme pour le logement, ils n’ont pas le droit de nous prendre gratos. En réalité, ce fut le cas au Vietnam : stop interdit. Nous avons perdu une heure comme ça une fois, avant de se décider à lever le pouce… Pour un bus ! Hé oui, comme il y a peu d’arrêt, on peut demander à monter n’importe où. Dans notre cas, il a fallu négocier le prix, les chauffeurs ayant une légère tendance à tout multiplier par deux quand ils voient nos vélos.

Quittons le Vietnam pour retourner au Laos. L’ascension en vaut la peine. Une fois au sommet, nous arrivons à un magnifique point de vue aménagé avec une petite terrasse en bois disposant d’un toit. Je ne suis jamais allé à Madagascar, mais les pics rocheux émergeant de la jungle par dizaines me font penser à un paysage malgache semblable que j’ai pu voir en documentaire.

C’est là que nous fîmes notre rencontre au sommet. Un groupe de trois touristes vient admirer la vue à nos côtés. Ils sont francophones, et nous en profitons donc pour engager la conversation avec eux. Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir que nous avions en face de nous un professeur émérite de notre université ! Un pionnier du cyclotron, nous dit-il. Nous essayons de trouver des connaissances communes, en vain : les jeunes de leur époque sont plus vieux que les vieux de la nôtre. Nous passons quelques moments à discutailler avec eux, puis ils nous quittent, nous laissant seuls pour admirer un flamboyant coucher de soleil.

Le lendemain matin, nous croisons la route de Romain, un autre voyageur à vélo qui vient de France. On boit un coup ensemble pour échanger nos histoires. Ca fait du bien de pouvoir partager nos bons moments et nos galères de cyclo dans notre langue maternelle, fait assez rare que pour être souligné, surtout en Asie où la barrière de la langue constitue un réel obstacle à des conversations dépassant les choses les plus basique (dorénavant, on accompagne nos paroles de mimes et Ben sait même vous dessiner des petites BD pour vous faire comprendre qu’il veut dormir dans votre garage, véridique). Romain, ça fait plusieurs années qu’il bourlingue en solitaire sur les routes du monde. C’est à peu près le trentième cyclo qu’on croise depuis le début du voyage. On ne dirait pas comme ça, mais les cyclo-touristes pullulent ! Certains tronçons sont très réputés pour le voyage à vélo, et il n’est pas rare de s’y croiser. Surtout en Asie du SE, où il est difficile de ne pas passer par certains axes obligatoires, car il n’y a tout bonnement pas d’autres routes ! A ce niveau, l’Europe, aux dires de certains, est le graal : les petites routes de campagnes, foisonnent, fusent de partout. Notre expérience en France va dans ce sens et nous sommes impatients de retrouver l’Europe pour cela d’ailleurs. Pour revenir aux cyclos, tant que j’en parle, il est amusant de constater qu’il y a autant de profils que de cyclistes, pour ce qu’on en a vu : en solitaire ou en groupe, restés libres et flexibles, sans autre plan que cueillir ce qu’offre chaque nouvelle journée ou bien plannifier un itinéraire un peu plus rigide, être insouciant ou prévoir, rouler beaucoup ou prendre son temps, acheter le top du matos ou bricoler, se montrer audacieux ou peser les risques, sortir des sentier battus ou rouler sur le bitume, partir au milieu de ses études ou à la retraite, voyager léger ou chargés comme des mules, faire tout à vélo comme un puriste ou prendre d’autres moyens de transport, tenir un blog ou non… Vous l’aurez compris : il n’y a pas qu’une façon de voyager en bicyclette, et nous profitons de nos rencontres avec d’autres cyclistes comme Romain pour nous enrichir des expériences de leurs expériences. Ce dernier, venant de là où on va, nous recommande chaudement de faire un arrêt à une chute d’eau située à une vingtaine de km de la route qu’on emprunte. L’accès est difficile nous dit-il, mais elle en vaut la peine : on y est seul dans la nature et on peu s’y baigner. Pour poser la tente, aucun souci, y a de la place sur les rochers à côté de la rivière. Il n’en faut pas plus pour nous convaincre, on y fera une halte le lendemain.

En attendant, aujourd’hui, il fait un soleil de plomb. Nous nous arrêtons à midi pour une petite sieste improvisée à l’ombre de la terrasse d’un café. Benjamin essaie de dormir assis, mais c’est pas évident. Tant bien que mal, assomés par cette chaleur accablante d’Asie du Sud-Est, nous reprenons tout de même la route sous le coup de 14h. Le soir venu, après une rude journée de 133 km, nous prenons un repos bien mérité dans le calme d’un temple.

Nouvelle journée, nouveau défi. Aujourd’hui, le soleil peut cogner tant qu’il veut, on aura la cascade pour se rafraichir. Mieux (on n’est jamais trop prudent), on se fabrique une glacière en vidant l’une de mes sacoches de ses vêtements pour la remplir de canettes de bière, de bouteilles d’eau, et de glace. Une fois refermée, on y accroche au sommet un tshirt mouillé de Benjamin pour faire écran, histoire d’être sûrs de garder nos précieuses boissons au frais. Romain n’avait pas menti. Route de terre poussiéreuse, en pleine jungle, pente à 10%. On est parfois obliger de poser le pied à terre et de pousser tant bien que mal notre vélo, devenu un fardeau. On glisse, on dérape, on sue, on rale, on crie de rage et on n’en voit pas le bout. On se bat dans ce cadre sauvage, splendide, pour finalement toucher au but après une heure de labeur : la cascade est là ! Enfin, plutôt un pipi de chat au milieu de quelques rochers. On espère qu’il n’y a pas d’arnaque, et qu’on n’est pas tombé dans un canular de mauvais goût… On pousse l’exploration des lieux un peu plus, et oui, gagné ! La cascade en elle-même n’est pas folichonne, l’eau stagne un peu et on glisse sur la mousse qui recouvre les rochers. Mais que diable, le cadre est parfait, on a enfin notre petite douche naturelle, et nous sommes seuls à jouir de la beauté des lieux, préservés du tourisme de masse.

Nous savourons nos bières fraîches et nos nouilles dans ce petit havre de paix et de verdure, pour ensuite installer notre bivouac à même la rivière, sur un rocher. Là, installés tous les trois dans la moustiquaire spécialement achetée pour Ben à Phnom Penh afin de lui assurer des nuits plus fraiches, nous nous couchons sur le dos, la tête dans les étoiles, le clapotis de l’eau dans les oreilles. Haaa… C’est ça, qui nous manquait depuis la Thaïlande, en fait… Le camping sauvage. Les nuits à trois en tente, ou on refait le monde, on ergotte de la philo, on se hasarde sur notre avenir. Les moments où l’on développe cette vraie camaraderie, quand l’on profite des bons moments, simples, mais mérités car suivant un effort. Ces moments qui nous soudent les uns aux autres, qui nous rapprochent sans qu’on s’en rendent compte… Cette après-midi et cette nuit, je m’en souviendrai toujours, car c’est le genre de moment où l’on touche au bonheur et qu’on en prend conscience, où l’on réalise sa simplicité et son importance.

Cette nuit, par contre, j’ai mal dormi. J’avais sous-estimé la fraicheur et l’humidité qu’apportaient le cours d’eau, et bien qu’emmailloté dans mes vêtements et mon sac à viande, je me suis réveillé plusieurs fois de froid. Le campement maintenant replié, il faut à présent refaire la route en sens inverse et se coltiner toutes les descentes de la veille qui sont maintenant devenu des montées. Mais ça va, je suis de bonne humeur, et la difficulté de la route ne m’arrête pas. Une fois l’asphalte retrouvée, on profite d’une station essence pour faire un brin de toilette à nos fières bicyclettes qui en ont bien besoin après tant de km dans la poussière. D’ailleurs, la transmission de Benjamin commence à faire des siennes et donne des signes de fin de vie, avec la chaîne qui saute parfois brutalement, sans crier gare. Il faudra changer tout ça bientôt. Ca tombe bien, car en fin de journée, nous parvenons à rejoindre la destination finale de notre séjour au Laos. Vientiane, la capitale. Une fois dans le centre, nous devons appeler Dominique, membre d’Oxfam avec qui nous avions rendez-vous. Mais nous n’avons pas le temps de nous arrêter à une auberge pour nous mettre à sa recherche que c’est lui qui nous trouve, et s’arrête en bord de route avec son 4×4, pour nous faire signe. Quel hasard ! Il nous indique un petit hôtel pas trop cher où nous logerons deux nuits avant de le rejoindre dans sa maison. Le soir même, nous nous ferons généreusement inviter à manger par Hilde, qui travaille au siège d’Oxfam-Solidarité en Belgique,à Bruxelles, et qui réalise justement une visite des différents projets menés en Asie du SE lors de notre passage.

Par la suite, nous aurons eu l’occasion de passer d’autres soirées en compagnie de Dominique, à chaque fois agréables, enrichissantes et instructives. Je me garde de vous en dire plus à ce sujet pour le moment, car nous sommes en train de faire le point sur tout ce que l’on a pu apprendre au travers de ces rencontres afin de publier incessament un article complet là-dessus. Je me dois cependant de vous faire part de notre visite des bureaux Oxfam, qui coïncidait avec le Pi Maï, fête de l’eau célébrée à l’occasion du nouvel an bouddhiste.

Cette fête commence par l’échange de voeux de bonheur, rituel symbolisé par un bracelet noué autour du poignet au moment du souhait. Plusieurs cadeaux sont échangés par la même occasion : oeuf dur, verre de bière, …

Ensuite les festivités débutent, nous pouvons nous servir dans différents plats de la cuisine locale autour d’un buffet, et de la musique lao est jouée par un claviériste qui a des allures de Stallone. La danse typique, exécutée lors de cette célébration, s’exécute à deux, une fille et un garçon. Chaque couple se fait face de façon à former une ronde, et en maintenant cette formation, on tourne, restant face à notre partenaire et dansant essentiellement avec des moulinets harmonieux des mains. Bien entendu, inutile de préciser que le tout est copieusement arrosé d’alcool, avec bière et vin à volonté !

L’ambiance est festive, tout le monde est décontracté et profite à fond de la fête. On discute, mange, boit, danse, et chante des karaokés. Et vient le moment où l’on comprend pourquoi les laotiens appellent cette fête la fête de l’eau : sans nous prévenir, on nous asperge à grandes eaux, à coup de seaux d’eau froide et chaude, lancé en pleine face ou bien laissé délicatement couler dans le dos… Et puis, sans raison apparente, encore mouillé, tout le monde se fait arroser de talc pour bébé. On en a plein les cheveux et les vêtements, mais ça ne suffit pas : le rouge à lèvre des femmes est sorti de leurs sacs et on finit par se faire barbouiller le visage ! Et cela continue jusqu’au soir, pour repartir de plus belle le jour d’après. Ambiance unique, pittoresque, que nous ne sommes pas prêt d’oublier !

La fête touchant à sa fin dans les bureaux, nous reprenons la route vers la maison de Dominique pour la soirée et nous voyons que les festivités battent leur plein partout dans la ville, avec de la musique à chaque coin de rue et des gens déambulant de toutes parts, armés de pistolet à eau, voire d’arrosoir, prêt à nous tremper depuis leur chapiteau ou encore depuis l’arrière des pick-ups nous dépassant. Partout, les gens se trémoussent sur des tables au rythme de musique pop, volume à fond, et les boissons sont gardées dans l’eau fraîche de petites piscines gonflables.

Le lendemain, nous empaquetons une fois de plus tout notre barda pour nous rendre à la gare des bus de la ville, où nous embarquerons pour un bus de nuit qui nous mènera à Hanoï. Une fois tous nos sacs entassés dans les soutes et nos vélos solidement accrochés au toit du bus, nous nous allongeons du mieux qu’on peut dans nos couchettes trop petites pour nos grandes jambes. Nous commençons à être rodés à trimballer nos nombreux sacs et nos vélos dans des trains et des bus, mais cela reste tout de même un sacré cirque à chaque fois ! Entre la négociation du bakchich à glisser dans la main du conducteur pour le transport de nos vélos, le rangement de ce derniers à surveiller de près pour limiter la casse et les mauvais traitements, on ne s’ennuie pas. Ici, l’espace est synonyme d’argent, et le moindre recoin sert à caser un peu plus de marchandises pour le voyage. Résultat des courses : un foutoire pas possible dans le bus, avec des caisses jonchant le long des allées et des soutes pleines à craquer. Ajouter à cela une conduite souvent sportive dans ce bus surchargé où nous sommes serrés comme des harengs en caque, et vous aurez un cocktail surprenant, mais typique des trajets en car en Asie du SE. Peu rassurant, mais on s’y fait vite. Chaque trajet en bus est une expérience en soi en tout cas.

Ainsi se termina notre court séjour au Laos, qui restera mémorable à bien des égards.

Benoît

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3 commentaires pour La tête dans les étoiles, le clapotis de l’eau dans les oreilles

  1. Claire dit :

    Extraordinaire et très vivant !
    Très contente d’avoir lu vos trois derniers récits dans un temps rapproché !
    Je pense bien à vous dans le transsibérien…
    Bons baisers d’ici,
    Claire

  2. Xavier dit :

    Super récit, encore une fois (… le 3ème en peu de temps…!) pour nous partager vos beaux moments, vos rencontres diversifiées … et parfois certains de vos stress … !
    Vous aurez pu vivre également des périodes festives aux couleurs locales variées depuis
    le début de votre périple !
    Quant à vouloir … « rétablir notre honneur sur notre odeur »…, c’est assez difficile de pouvoir juger à distance (!). Cependant, pour ce qui te concerne, Benoît, un élément plaide indubitablement en ta faveur : tu en es à ton  » 4ème  » gant de toilette, ce qui évoque un usage relativement fréquent de cet instrument ou, à tout le moins, une  » tentative  » d’utilisation relativement fréquente !
    Tu es donc absous, Benoît, … et ton honneur sur ton odeur … est également rétabli (…ouf !) 😉
    Bonne continuation à vous trois,
    Xavier

  3. cocohoju dit :

    Comme les colliers de fleurs, le talc « tie and dye » et les marques rouges féminines vous vont bien !! 😉 Encore un récit palpitant, plein d’harmonie et de joie, laissant bien loin les ennuis passés… 🙂

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