Voyage dans l’Empire du Milieu : de la Cité Interdite à la Grande Muraille de Chine

Contre toute attente, le passage de la frontière « Vietnam-Chine » fut une simple formalité, expéditive qui plus est ! Nous ne pouvons pas en dire autant de l’obtention du visa chinois en lui-même, dont la demande ne peut se faire que dans certaines villes et à grand renfort d’informations personn
elles, sans quoi elle se voit refusée.

Légèrement ébahis de rentrer dans ce pays sans encombre, nous nous mettons en quête d’une auberge où passer la nuit. Notre paquetage volumineux et nos têtes de touriste sont un atout : un rabatteur nous repère et devine nos envies, emmenant Antoine visiter une chambre. Pendant ce temps, Benjamin essaye de se renseigner dans un autre établissement. Il finit par rentrer bredouille, car incapable de se faire comprendre. Ce qui nous amuse toujours beaucoup dans ce genre de situation, c’est que nos interlocuteurs insistent dans leur langue sans chercher à trouver d’autres moyens de communications, allant même jusqu’à nous écrire en chinois comme si l’écrit nous paraîtrait plus clair que l’oral. Peu de temps après, Antoine, qui n’avait rien demandé et s’était fait entraîné dans une autre rue, revient pour nous dire que l’endroit est parfait.

Une fois installés et rafraîchis, nous partons manger un bout dans la rue. En chemin, Benjamin négocie pour des caleçons. Soupçonneux sur la taille réelle indiquée sur la boîte, il préfère opter pour une taille XL, censée être européenne, mais il se retrouvera avec quelque chose se rapprochant du S. Inutilisable pour lui, dommage !
Après avoir arpenté quelques rues commerçantes, nous tombons sur ce que nous cherchions : des échoppes fumantes, présentant des buffets, et quelques tables basses qui ont la particularité de toujours nous faire dépasser nos genoux au-dessus de la table, nous éloignant ainsi un peu de nos assiettes dans une position peu confortable pour manger avec nos baguettes. Nous voyons toutes sortes de plats, intriguants à nos yeux, probablement appétissants pour les Chinois : oisillons entiers dans des petits pots, oeufs mouchetés contenant des embryons d’oiseaux ayant déjà leurs plumes, larves, insectes grillés, … Heureusement qu’il y a des mets moins exotiques à côté, à base de riz, légumes et viande ! Nous goûterons tout de même aux insectes grillés, juste pour le fun.

Le lendemain, nous prenons un de ces fameux bus-couchettes pour nous rendre à la ville de Kunming où nous pourrons embarquer pour un train qui nous mènera à Pékin. Hé oui, comme je vous le disais lors de l’article sur la Malaisie, il nous a fallu réviser notre itinéraire de base et faire des choix. Nous avons finalement décidé de traverser la Chine de part en part sans y faire de vélo, si ce n’est une halte d’une dizaine de jour pour visiter Pékin et la grande Muraille en attendant notre visa pour la Mongolie.
Une fois à Kunming, il nous faut nous repérer, car la ville est gigantesque, comme la plupart des villes chinoises. Il faut bien se rendre compte de ce que c’est que la Chine : 1,3 milliard d’habitants. Un sixième de la population mondiale. Plus de 100 fois la population de la Belgique. Certaines villes chinoises abritent ainsi plus d’âmes que notre pays, comme Pékin (13 millions) ou Shangai (environ 20 millions). Et La plupart des villes de Chine dépasse le million d’habitants. Il ne faut donc pas se fier aux apparences : ce qui peut paraître une petite ville de campagne à nos yeux sur la carte est en réalité une mégapole plus grande que Bruxelles. D’où la nécessité de nous procurer un plan une fois sur place, afin de nous y retrouver. Il est midi, et nous décidons de rejoindre le centre-ville pour trouver de plus jolis quartiers et avoir plus de choix dans les auberges. Cela nous prend l’après-midi, et nous voilà à peine arrivé qu’il est l’heure de souper ! Nous optons une fois de plus pour un restaurant-buffet où le choix ne manque pas. Nous avons la chance de nous faire conseiller par une Chinoise de la table d’à-côté, qui parle un excellent anglais et qui me fait goûter à plusieurs spécialités locales parmi leurs plats.

Maintenant le ventre plein, il s’agit de se trouver un gîte. D’habitude, nous repérons ce genre d’endroit facilement, ou alors, comme la veille, ce sont les gens qui viennent à nous. Mais ici, en plein centre-ville, nous ne voyons que de gigantesques hôtels aux enseignes luxueuses, dépassant de loin notre budget « nuitées sous dur ». Il nous faut déjà un petit temps avant d’arriver à déchiffrer le mot « hôtel » en chinois, dont les caractères nous sont totalement étrangers (car au Vietnam, nous avions au moins quelques points de repères). Ensuite, à force de tourner en rond sans succès, la nuit tombant, nous commençons à demander à d’autres touristes. L’un nous indique un endroit que nous ne parvenons pas à trouver. D’autres sont logés bien trop loins, ou dans des hôtels trop chers pour nous. Il est maintenant 21h et plus que temps de trouver quelque chose. Refusant obstinément de débourser 150€ pour une simple chambre, nous cherchons des solutions. Je vois une sorte de kiosque avec un ordinateur à l’intérieur, et vais demander si nous pouvons l’utiliser. Pas de problème. Au bout d’un quart d’heure passé sur le net, nous en ressortons, avec 3 adresses d’auberge bon marché. Après une demi-heure de recherches infructueuses de la plus proche d’entres-elles, nous partons en quête d’une autre. Notre souci, c’est que l’échelle de notre plan n’est pas assez précise pour nous localiser dans les petites rues du centre. Nous nous acharnons ainsi, pendant deux heures, à trouver cette satanée auberge. Cela nous donne l’occasion de faire une petite balade nocture dans cette ville aux allures de Las Vegas tant les néons et les écrans de publicité éclairent notre route ! Finalement, nous touchons au but, je monte à la réception pour demander trois lits. Et non, raté : tout est full ce soir. Il est près de 23 heure, il est trop tard pour se mettre à la recherche d’autre chose. Nous avions trouvé 5-6 autres auberges au cours de nos recherches, mais elles étaient pleine à chaque fois. Que faire? Dormir dans la rue? Trop dangereux. Rester éveillé dans un coin où il reste un tant soit peu d’activité pour limiter les risques d’agression semble être la seule solution raisonable. Vers minuit, Benjamin tente quand même de négocier un coin de salle dans un restaurant sur le point de fermer ses portes, s’aidant de dessins et de mimes. La demande est trop incongrue que pour être acceptée, mais il réussit tout de même à susciter un peu de compassion pour notre triste sort. Un Chinois appelle une connaissance à lui, qui tiendrait une sorte de dortoirs où il resterait un peu de place (du moins, c’est ce que l’on comprend). Minuit et demi. Vaille que vaille, nous n’avons rien de mieux à nous mettre sous la dent et nous décidons de voir à quoi ressemblent ces fameux dortoirs. Sur le chemin, prêts à passer une mauvaise nuit dans le froid de la rue, nous nous arrêtons à la vue d’un hôtel. Le hall à l’air plutôt chicos, mais toujours plus abordable que les grands hôtels de luxe visités précédemment. On entre, et nous n’osons pas croire à notre chance : 8€ la nuit par personne, trois lits dans une chambre luxueuse, à la salle de bain (avec douche !) majestueuse, pantoufles comprises dans le lot. Nous avions même accès à internet. Et je ne vous parle pas de la qualité de la draperie, jamais je n’ai dormi dans lit plus douillet et draps plus soyeux. Exténués et heureux de l’issue de la soirée, nous tombons comme des masses pour plonger dans les bras de Morphée.

Le lendemain, après avoir dormis comme des loirs, nous partons pour la gare de Kunming, espérant trouver un train dans la journée en partance pour Pékin.  Nous avions lu toutes sortes de mise en garde sur internet, comme quoi mieux vaut se munir au préalable de quelques mots-clef en chinois pour faciliter l’achat des tickets, car ne personne ne parle anglais dans les gares. Ou encore, une amie m’avait prévenu que le réseau féroviaire chinois est l’un des plus chargé de la planète et qu’il est préférable de réserver son ticket à l’avance pour éviter les mauvaises surprises. Malheureusement, il est quasi impossible pour nous de réserver nos tickets avant d’être sûrs de la date de départ, c’est-à-dire une fois sur place. Quant au chinois, ça ne nous fait pas peur : on s’est bien débrouillé comme on pouvait avec le thaïlandais, le khmer, le lao et le vietnamien, pourquoi aurions-nous plus de difficulté une fois en Chine?
Curieux de voir quel genre d’obstacle nous devrons surmonter, nous entrons en gare. Au point d’informations, tout se passe pour le mieux : le personnel parle un peu anglais, et nous donne toutes les informations nécessaire pour expédier nos vélos dans le même train que nous. Finalement, c’était comme pour le visa : aucun problème ! Nous avions juste à attendre 12 heure avant d’embarquer pour notre train. Après cela, 38 heures de trajet (deux nuits à passer donc) enfermés dans nos wagons. Bien entendu, nous avions opté pour la catégorie « hard seat », la moins chère de toute. Quoique, il est aussi possible d’acheter des places « debout » quand toutes les places assises sont vendues, mais nous ne sommes pas économes au point de devenir masochistes. Sans compter qu’on traîne chacun nos 5 sacoches, nos deux tentes,nos gros sacs et notre moustiquaire dans la foulée, ce qui fait un paquet de paquets à caser tant bien que mal dans le wagon. Vous imaginerez facilement les regards amusés des autres passagers qui observaient le drôle de cortège que nous formions avec tous nos sacs, clopinant comme nous pouvions sous le poids de toutes nos affaires.

Ouf, nous sommes finalement installés, toutes les affaires sont casées sans aucun risque de chute sur la tête de nos voisins et nous voilà partis pour un long trajet vers la capitale. Quand ils disent « hard seat », ils ne mentent pas : le siège est dur comme fer et il est impossible de s’affaisser pour essayer de dormir, nous sommes obligés de rester droit comme des piquets. Vous vous en doutez, nous n’aurons pas très bien dormi au cours de ces deux nuits… Mais il y a pire. Certains passagers passent une grosse partie de la nuit debout, n’ayant pas pu acheter de siège. Il nous semble que, par solidarité, une sorte de tournante s’organise avec d’autres passagers à place assise, mais nous n’en sommes pas certains. Leur situation, assurément, est moins confortable que la nôtre, et nous n’avons pas de quoi nous plaindre. Nous étions bien sûr les seuls Occidentaux du wagon. Autrement dit, l’attraction du coin. Un chinois sympathique mais surexcité se met en tête de nous apprendre un jeu de carte de chez eux. Ce qui attire un cercle de curieux tout autour de notre banquette. Il n’arrête pas de nous parler en chinois sans que l’on saisisse un traître mot de ce qu’il nous raconte. Dans ce genre de situations, on hausse les épaules, on répète les mots avec une note interrogative dans la voix comme si cela allait comme par magie leur donner un sens, et on fait la moue-de-celui-qui-ne-comprend-pas. Au bout de plusieurs minutes, si la personnes persiste à nous parler dans la langue comme si nous saisissions tout ce qu’elle dit, on acquièsce poliment et on se met à lui répondre en français pour nous donner l’illusion d’un semblant de dialogue (et aussi pour faire prendre conscience à l’autre que non, on ne parle toujours pas sa langue !).
Dans la foulée, on comprend tout de même quelques règles du jeu de carte, qui semble être une variante de notre « président ». Antoine à force d’acquiescer, a fini par donner l’impression qu’on maîtrisait le chinois sur le bout des doigts. Les gens autour de nous jouent à notre place en nous prenant les cartes des mains tout en commentant bruyamment le jeu, et tout le monde rigole. Finalement, une fille qui arrivait à nous traduire un peu les règles en anglais, finit par nous demander : « Mais est-ce que vous comprenez au moins un peu ce qu’on vous dit? ».  » Non, rien du tout », lui répondons-nous en rigolant tant la situation nous dépasse. Ce qui, une fois de plus, fait bien rire l’assemblée.

Une fois arrivés à Pékin, nous récupérons nos vélos et nous préparons à partir. Soudain, Antoine s’arrête net, regardant ses mollets et ses chevilles. Ils ont triplés de volume ! Ce qui n’est pas rien, dans le cas d’Antoine ! Benjamin et moi nous auscultons à notre tour : pareil ! Trop longtemps restés assis dans la même position, nous faisions de la rétention d’eau, avec pour effet indésirable des mollets et des chevilles d’obèse. Très moche et un peu inquiétant, mais rien de bien grave en somme.

Pékin est à l’image de la Chine : gigantesque, démesurée. Cette ville, fort « réamménagée » à l’occasion des JO de 2008, est un véritable paradis pour les cyclistes. Sur les gros boulevards à 12 bandes, les pistes cyclables sont plus larges qu’une autoroute belge. Quasi toutes les rues de la ville sont dotées de pistes cyclables protégées par des barrières. Les rues sont toutes très bien indiquées par des panneaux, et leur nom est écrit à la fois en mandarin et en anglais. La circulation y est très organisée. Il y a même des agents pour les passages pour piéton, qui indiquent quand on peut marcher dessus ou bien quand les voitures doivent y aller. Cela pourrait sembler superflu étant donné que le marquage au sol est très clair et que les feux de signalisation fonctionnent bien. Mais sans eux, les carrefours sont tellement grands et les temps d’attente tellement longs que la circulation virerait vite au chaos du côté des deux-roues et des piétons, trop impatients de traverser. En tout cas, ils sont bien rigolos, ces bénévoles en uniforme, avec leur sifflet. Et puis, cela rajoute une dimension humaine, dans ce flot de machines vrombissant. Malheureusement, ce sont surtout des retraités qui s’occupent de cette tâche, et certains pensent que le métier finira par disparaître dans les années à venir…

Nous rejoignons notre auberge, « La grenouille à trois pattes », qui nous servira de camp de base pour notre séjour dans la ville. Au programme : faire le visa mongole, se renseigner pour le visa russe, rencontrer Nathalie et Julien, deux amis belges à moi vivant depuis presque 2 ans dans la ville, visiter un max et faire un petit tour du côté de la célèbre Muraille de Chine.
Notre auberge se situe dans un « Hutong » une vieille ruelle piétonne. Ils sont un peu le coeur de la ville, on les trouve partout dans le centre et on y trouve un peu d’authenticité, hors de ces grandes artères commerciales qui sont devenues la norme récemment. Il y en a plus de 2000, mais ils tendent à disparaître petit à petit au profit de quartiers réamménagés, plus larges et plus modernes. Dans notre hutong, les mini-restaurants foisonnent, et nous nous régalons de dumplings (beignets fourrés à la viande ou aux légumes et cuits à la vapeur), de nouilles sautées, de riz sautés, de soupes, de poulet sauce aigre-douce, de grillades de toutes sortes, et j’en passe et des meilleurs. Notre côté aventurier ne nous a pas quitté, et nous nous essayons à des mets plus exotiques : brochettes de gésier et de coeur de poulet, sandwich au ver à soie grillé, cou de canards comme amuse-gueules, …
La ville ne manque pas non plus d’attractions touristiques, et nous devons faire un choix dans nos visites. Nous nous décidons pour la place Tian an men et la légendaire cité interdite pour commencer. La place est vaste et imposante, et le portrait de Mao nous domine non loin de la Cité Interdite. Cet ensemble de bâtiments constituait autrefois les quartiers de l’Empereur et de sa suite. L’accès y était interdit au peuple, d’où le nom. Toutefois, aujourd’hui, les lieux n’ont plus rien d’interdit et sont plein à craquer : nous sommes noyés dans une marée de touristes. A nouveau, le site est immense ( plusieurs dizaines d’hectares) et il faut plusieurs heures pour le visiter en le traversant d’un bout à l’autre. Il est très impressionnant de se pavaner au sein de ces cours gigantesques. Même si ce n’est pas là notre type de tourisme préféré, nous apprécions la visite de ces lieux mythiques, empreints d’histoire.

Pour notre deuxième grosse visite touristique, nous avons décidé d’aller nous pavaner au Palais du Ciel. La majorité des bâtiments construit sont des temples, érigés pour célébrer différents rituels afin de s’attirer la prospérité de l’année à venir. Les cérémonies étaient nombreuses et très codifiées. Cette complixité rendait la tâche délicate à l’Empeur, qui, au moindre pas de travers au cours du rituel annuel, encourait le risque d’attirer toutes sortes de malheurs sur son peuple et son pays. A nouveau, la démesure est le maître-mot et il faut beaucoup marcher pour se rendre d’un temple à un autre.Heureusement, cette fois-ci, nous pouvons déambuler à l’ombre des arbres du grand parc occupant une majeure partie de l’enceinte pour rallier les différents palais. D’ailleurs, nombres de locaux se rendent quotidiennement dans ce parc, pour se relaxer, s’y promener ou suivre des cours de yoga ou de tai-chi au petit matin.

Ensuite, nous nous sommes rendus à l’ambassade mongole, et on nous apprit qu’il nous faudrait attendre une semaine entière pour obtenir notre visa. Juste le temps qu’il nous faut pour organiser une petite excursion du côté de la Muraille, super !
On fait le plein de sachets de nouilles instantanées, et grâce à son astuce, son génie de l’informatique, et sa débrouillardise, Benjamin réussit à nous bricoler quelques cartes via Google maps et à les faire imprimer en gros format chez un imprimeur, à deux pas de notre auberge. La scène mérite d’être décrite. Nous avons passé un quart d’heure à communiquer, par plateforme de traduction en ligne interposée, pour exprimer nos envies. C’est beau, la technologie !

Ensuite, nous nous sommes rendus à l’ambassade mongole, et on nous apprit qu’il nous faudrait attendre une semaine entière pour obtenir notre visa. Juste le temps qu’il nous faut pour organiser une petite excursion du côté de la Muraille, super !
On fait le plein de sachets de nouilles instantanées, et grâce à son astuce, son génie de l’informatique, et sa débrouillardise, Benjamin réussit à nous bricoler quelques cartes via Google maps et à les faire imprimer en gros format chez un imprimeur, à deux pas de notre auberge. La scène mérite d’être décrite. Nous avons passé un quart d’heure à communiquer, par plateforme de traduction en ligne interposée, pour exprimer nos envies. C’est beau, la technologie ! Notre carte en poche, nos nouilles dans le sac, il ne restait plus qu’à partir. Nous avons roulé pendant plus de 50 km pour sortir de cette ville tentaculaire. Enfin sortis de la zone urbaine, certes, mais pas de la pollution pour autant. Nous éprouvons tous des difficultés à respirer, et sommes pris en début d’après-midi de quintes de toux. Antoine, est le plus touché, peut-être à cause du pollen de peuplier qui virevolte par nuages entiers un peu partour dans l’air. Cela nous force à nous arrêter plus tôt que prévu, mais nous trouvons un bon endroit où camper, à l’abri des regards et offrant une belle vue sur la vallée que nous sommes en train de remonter.

Le jour d’après, nous passons près de ruines de la Muraille, non indiquées par les guides et vides de tout touriste exceptés quelques Chinois retraités. L’endroit est sympathique, malheureusement, depuis hier, la vue est bouchée par une sorte de brouillard épais, peut-être dû à la pollution. Le moment fort de notre excursion aura lieu le lendemain, sur une portion de la muraille partiellement restaurée et censée être fermée au publique. D’emblée, nos vélos garés, nous voyons directement des panneaux signalant qu’il est interdit de grimper sur la muraille pour s’y promener. Aïe, que faire? Essayer un autre tronçon un peu plus loin? Au loin, nous voyons que plusieurs touristes marchent quand même dessus. Nous nous décidons. Gardée, l’entrée l’est, mais par un portier qui touche sa commission, avec un panneau fait maison indiquant un prix d’entrée équivalant à 1€. Au-dessus de la tête du garde, un panneau bien plus officiel, renouvellant l’interdiction de monter sur ce tronçon. Ok, on voit le genre… Nous payons, et commençons à grimper. C’est sportif ! Après avoir escaladé la colline jusqu’à la base du mur, nous empruntons une échelle métallique relativement étroite pour entrer dans l’une des tours de garde par l’équivalent d’une meurtrière. Puis l’ascension continue. La muraille épousant la crête de la montagne, certains passages sont fort abruptes, dépassant aisément les 12% d’inclinaison. Parfois, le sol est uniforme, d’autres fois, il y a des marches de hauteur inégales, ce qui rend la progression plus difficile. Certains tronçons sont particulièrement escarpés. Nous continuons de monter encore et encore jusqu’à atteindre le point de culminant, offrant une vue dégagée sur les alentours. Quel spectacle que de contempler ce serpent de pierres sinuant dans la végétation des montagnes environnantes. Nous voyons des sections du murs parallèles, qui se perdent dans le lointain. Il faut savoir que Muraille n’est pas faite d’un seul mur, traversant la Chine d’un point à un autre, mais constitue plutôt un réseau murailles parallèles qui se rejoignent par endroit, parfois interrompu par des barrières naturelles comme des falaises ou des rivières. D’est en Ouest, la longueur totale maximale est de 7200 km, barrières naturelles comprises. On estime généralement que le Mur a nécessité des centaines de milliers de travailleurs, la plupart étant des prisonniers. Le Mur avait pour fonction première de stopper les maraudeurs nomades du Nord, les Huns et les Mongols. Par la suite, il a aussi servi de voie de transport pour les armées, et également comme moyen de communication par le biais de signaux de fumées et de coups de canon.
Je pousse l’exploration un peu plus loin que Ben et Desch, désirant atteindre un autre point de vue qui semble donner sur un morceau très raide du mur. Je ne suis pas déçu de faire cet effort supplémentaire, récompensé par la beauté de lieux et la satisfaction personnelle d’avoir réussi à grimper jusque-là. Ce n’est qu’une fois sur le mur que l’on peut apprécier la beauté de la construction et entrapercevoir le travail titanesque qu’elle représente. Toutes ces pierres ont été amenées ici, au sommet des montagnes, sur ces milliers de km, par la seule force des bras… Y penser me donne le tournis.
Ravis de notre visite, nous redescendons vers nos vélos pour rentrer sur Pékin.
Nous récupérons nos passeports, et passons notre dernière soirée à Pékin en compagnie de Nathalie et Julien. Nous garderons d’excellents souvenirs de cette soirée passée à jouer à des jeux de société et à déguster de délicieux chocolats Galler et des Chokotoffs. Décidemment, rien ne vaut le chocolat belge, surtout partagé entre amis. Terminant ainsi notre séjour en Chine sur une note plus que positive, nous prenons le train le lendemain pour nous rendre en Mongolie.

 

Benoît

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5 commentaires pour Voyage dans l’Empire du Milieu : de la Cité Interdite à la Grande Muraille de Chine

  1. Claudio et Françoise dit :

    Salut Ben,
    ton article nous a fait bien rire; la partie de cartes dans le train atteint des sommets d’humour dans le genre non-sense. Nous avons également beaucoup apprécié la visite de la muraille hors des circuits classiques. C’est sûr, si un jour nous allons en Chine, je veux voir la Grande Muraille de la même manière (Françoise n’a pas encore décidé si elle me suit dans ce type d’excursion 🙂

  2. Claire Deschamps-Mayence dit :

    Très beau récit ! Une véritable plongée dans un monde étrange car différent (je pense notamment aux buffets…). Et super aussi cette partie de cartes en mandarin ! 😉 et les rires de tous !
    Bonne poursuite de route à vous, Benoit et Benjamin, à votre aise dans l’Europe « orientale » ! On pense bien à vous !
    Et une info pour ceux qui ne le sauraient pas encore : Antoine a décidé de rentrer un peu plus tôt que Bob et Ben, pour se poser en Belgique avant la (re)prise de la vie active en août et retrouver à l’aise ses proches…dont Florence ! Nous l’accueillerons ce samedi 22 juin à Louvain-La-Neuve à la Place des Sciences à 15h autour d’un petit verre . Bienvenue à tous !

  3. cocohoju dit :

    Réclamation: il est in-dis-pen-sa-ble de mettre une vidéo des mimes/dessins de Benjamin !!! 😉 🙂
    Grosse pensée pour Desch et ses proches qui doivent être en train de se retrouver ❤ ❤ ❤ et bonne continuation au couple des Ben 😉

  4. Circuit Chine dit :

    Je suis d’accord avec vous, Pékin est vraiment à l’image de la Chine, c’est peut être l’une des grandes villes les moins occidentalisés (entre Hong-Kong et Shanghai) du Pays. Il y a beaucoup moins d’occidentaux et on ressent beaucoup plus « la culture chinoise » . Ça doit être sympas de faire la visite de la muraille à vélo, je ne pensais pas que cela était possible.

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