Rencontres avec Oxfam-Solidarité: échanges, enseignements, enrichissements

 

Voici déjà de longs mois que nous sommes rentrés au pays, mais c’est en vous communiquant le goût du voyage, en vous contant nos aventures, en vous racontant nos rencontres et en vous exprimant tout l’enrichissement que nous avons tiré de ce voyage, que nous pouvons réellement boucler la boucle. Après les conférences réalisées il y a quelques mois, il est enfin temps de vous parler du travail d’Oxfam-Solidarité et des rencontres que nous avons eues avec ses travailleurs.

Notre vision d’Oxfam avant la grande aventure

Lorsque nous avons décidé de soutenir une association à l’occasion de notre voyage à vélo, notre choix s’est porté sur Oxfam-Solidarité. A l’époque, notre vision du travail d’Oxfam n’était pas tout à fait complète. Nous savions que cette ONG œuvre à lutter contre la pauvreté, à protéger les droits des travailleurs et les droits des femmes dans les pays en voie de développement, à garantir à chaque homme et femme un salaire décent et des conditions de travail acceptables, à permettre à chaque travailleur de pouvoir faire entendre sa voix, de bénéficier d’une certaine « sécurité sociale » et de vivre dans un monde en paix. Dans les pays en voie de développement, Oxfam-Solidarité travaille constamment en partenariat avec des acteurs locaux, des associations locales qui militent et œuvrent à défendre les droits des travailleurs.  C’est en soutenant l’action de ces associations locales, en les conseillant, en les supportant financièrement et matériellement, qu’Oxfam est actif dans le sud. Parallèlement, Oxfam-Solidarité est actif dans les pays du nord, à travers un plaidoyer politique auprès des instances belges et européennes, ainsi que par un travail de sensibilisation et de conscientisation de la population occidentale, sans oublier enfin la levée de fonds et la recherche de dons pour soutenir les projets dans le sud.

Avant de rencontrer les employés d’Oxfam, en Belgique, au Laos et au Vietnam, nous avions déjà en tête que cette ONG œuvre au développement des pays les plus pauvres, non pas en période de crise, mais effectue principalement un travail de fond et de longue haleine pour améliorer durablement la vie d’êtres humains nés dans un monde moins favorable et moins confortable que le nôtre. Ainsi, cette ONG n’a pas comme volet d’action principal d’apporter nourriture ou aide médicale d’urgence en cas de guerre ou de catastrophe naturelle. Oxfam-Solidarité n’a pas non plus comme philosophie d’aller construire des puits ou des écoles dans des pays du sud, ni d’aller apprendre à des pêcheurs de ces pays de pêcher à la « méthode belge » pour assurer leur subsistance.

Par contre, Oxfam-Solidarité encourage les initiatives prises localement par les personnes les plus concernées par les difficultés auxquelles il faut faire face, c’est-à-dire les travailleurs eux-mêmes. Elle soutient ces initiatives, les conseille, les aide à se développer, à se renforcer, et à se nourrir des expériences similaires apparaissant dans d’autres pays en voie de développement.

Dis comme ça, ça doit sans doute vous paraitre encore assez flou. Et il en était un peu de même pour nous avant de rencontrer différents de leurs membres et d’avoir un regard un peu plus attentif sur le fonctionnement d’Oxfam-Solidarité, éclairé par les explications de ceux-ci.

Et notre vision d’Oxfam après le voyage !

Notre arrivée dans les bureaux d’Oxfam-Solidarité du Laos.

 Rencontre avec les acteurs d’Oxfam-Solidarité

Avant le départ et lors de notre passage en Asie du Sud-Est, nous avons pu rencontrer différentes personnes actives au sein d’Oxfam :

  • Dominique, responsable des programmes au Laos, et toute l’équipe d’Oxfam-Belgique au Laos
  • Hilde, basée à Bruxelles et coordinatrice des programmes pour l’Asie du Sud-Est
  • Thibaut, responsable des programmes au Vietnam et au Cambodge
  • Sandrine et Julien, basés à Bruxelles et actifs dans la récolte de fonds et la communication de l’ONG

Un problème concret : l’accaparement des terres

Prenons un exemple concret pour vous expliquer l’action d’Oxfam-Solidarité.

La problématique est la suivante : un des grands défis actuels pour lequel Oxfam travaille est la lutte contre « l’accaparement des terres ». Cette expression un peu saugrenue définit un phénomène croissant et inquiétant dans les pays du sud, voyant divers investisseurs et de grosses multinationales s’emparer des terres de paysans démunis. Les paysans sont souvent bien impuissants pour résister contre ces grandes entreprises qui profitent de la moindre faiblesse du propriétaire pour lui voler ses terres (besoin d’argent après une mauvaise année, problème de santé, terres rendues impropres aux semences classiques dû à l’utilisation de produits chimiques divers, vantés comme bénéfiques pour le producteur), quand ce ne sont pas les autorités qui facilitent les manœuvres…

Le comble de cette histoire est que l’ancien propriétaire est souvent engagé pour travailler ensuite sur ces mêmes terres, mais pour cultiver des plantes toutes autres que celles nécessaires à la subsistance de sa famille, ou à ne toucher qu’une part de la production trop faible pour pouvoir vivre dignement et se nourrir suffisamment.

Comment peut-on lutter contre cette problématique ? En voici un exemple.

Lao Farmer Products

 

Au Laos, nous avons eu l’occasion de rencontrer une association locale partenaire d’Oxfam, Lao Farmer Products. Des producteurs du Laos se sont réunis pour tenter de se protéger, de s’entraider et de se développer afin d’améliorer leurs conditions de vie. Oxfam-Solidarité appuie cette association, lui donne des moyens financiers et logistiques pour se développer et fonctionner efficacement. A l’initiative d’Oxfam, des rencontres et des formations sont organisées en rassemblant les membres de différentes associations locales d’Asie du Sud-Est (Laos, Cambodge, Vietnam), afin que ces partenaires s’échangent et partagent leurs idées, leurs vécus, leurs expériences et leurs stratégies d’action. Oxfam encourage les coopératives et les syndicats et s’appuie sur la structure sociale et associative déjà existante pour faire avancer les choses en termes de défense des travailleurs, tout en les conseillant ou en proposant des stratégies nouvelles. Souvent, l’action d’Oxfam passe également par l’utilisation de leviers jouant sur le niveau politique pour défendre les travailleurs.

Ainsi, pour lutter contre l’accaparement des terres, le développement de l’agriculture biologique peut se révéler être une stratégie payante. En plus de permettre au producteur de tirer un meilleur revenu de ses ventes, grâce au label « bio » qu’il peut apposer sur ses produits, la production biologique nécessite que des zones entières de villages soient certifiées par les autorités locales, zones devant être groupées et isolées afin d’éviter la contamination par les pesticides utilisés sur les champs voisins. Ce regroupement des terres les assure une meilleure protection face aux multinationales qui désireraient se les approprier, les activités agricoles de ces dernières n’étant pas souvent compatibles avec l’agriculture biologique… Hélas, ceci n’est pas une garantie absolue mais dans le meilleur des cas, le paysan s’en trouve ainsi mieux protégé et peut durablement améliorer sa santé et ses conditions de vie. Ce n’est pas tout ! Par ces actions de groupe, les paysans s’unissent sous une même bannière pour faire entendre leur voix, qui pèse dès lors plus lourd auprès des autorités.

Par toutes ses actions, Oxfam tente de conscientiser les paysans, de les rendre attentifs aux problématiques qui les touchent le plus directement, et de leur donner des clés pour se défendre et se développer.

Pour conclure

Le travail d’Oxfam est véritablement un travail de fond, complexe et difficilement mesurable. La défense des travailleurs du sud autant que la conscientisation des populations du nord n’est pas quantifiable, comme pourrait l’être un nombre de médicaments ou une quantité de nourriture envoyés pour aider une population démunie. Un don n’est pas directement correspondant à un objet « concret » qui aide une famille ou qui permet la scolarisation d’un enfant dans une école tout nouvellement construite grâce aux dons. Mais votre soutien a malgré tout permis des avancées pour les populations démunies soutenues par Oxfam !

En continuant à soutenir Oxfam-Solidarité et son travail de longue haleine, les choses s’amélioreront peu à peu pour s’approcher d’un monde plus juste, plus solidaire, plus respectueux de chacun et de notre planète !

Au terme de notre voyage, nous sommes fiers d’avoir soutenu cette ONG et d’avoir apporté, à notre petite échelle, notre pierre à l’édifice. Nous nous sentons toujours plus en phase avec les valeurs que défend Oxfam-Solidarité, et nous sommes heureux d’avoir pu vous faire part de cela à l’occasion de notre voyage à vélo.

Encore un énorme merci à vous tous, suiveurs et donateurs, pour la confiance et l’enthousiasme que vous nous avez témoignés tout au long de ce périple, autant humain et personnel, que sportif et solidaire !!

Antoine, Benjamin et Benoît,

Les Belgian Solidarity Bikers

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And the winner is…

Bonjour à tous !

Voici quelque temps que nous n’avions plus donné signe de vie sur le blog, pourtant l’aventure n’est pas encore complètement finie ! Je pense notamment à l’article sur Oxfam qui est enfin terminé et qui devrait bientôt être publié. En l’attendant nous tenons à vous communiquer les noms des gagnants de nos paris.

–       La meilleure estimation de la distance totale revient à Françoise Nols, qui avait évalué notre trajet total à 16 237 km, un peu plus que les 14 622 que nous avons réellement parcouru.

–       En ce qui concerne la vitesse moyenne, les packs d’Orval reviennent à Marie-Thérèse Nols, qui est tombée juste avec son estimation de 16,8 km/h.

–       Nous n’avons qu’une vague idée du nombre total  de crevaisons que nous avons essuyé (environ 70), mais comme il n’y a qu’un unique joueur quant à ce pari, le lot revient à François Mayence qui avait misé sur 300 crevaisons!

–       Pour finir, nous avions proposé un petit pari lors de notre départ sur le nombre de km qu’il nous faudrait parcourir pour rallier Barcelone. C’est Jean Mayence qui a vu juste, avec 1732 km, pas très loin de 1891 que nous avons roulé.

Bravo à tous les gagnants qui pourront savourer leur Orval vieilli, et encore merci à tous les participants pour leur donc à Oxfam !

Bonne journée à tous,

 

Benoît, pour les BSB

 

 

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Conférence à Louvain-la-Neuve 03/12/13

Conference LLN

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Conférence à Virton 29/11/13

Affiche conférence

Trailer en bonus :

 

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Le Grand retour :)

Ca y est ! Nous l’avons fait ! Après plus de 14 000 km soit environ 870 heures passées sur la selle, nous sommes de retour en Belgique ! Certaines personnes ont émis le souhait de nous accueillir sur la ligne d’arrivée. Voici donc un petit message avec plus de précision sur ce fameux retour.

Nous convions ainsi tous ceux qui le veulent à un petit drink pour notre retour à Louvain-la-Neuve le mercredi 17, à 16 heures, à la Grand Place (la même que lors de notre départ). Je sais qu’il n’est pas facile pour beaucoup d’entre-vous de vous déplacer en pleine semaine et je m’excuse d’emblée auprès de toutes les personnes souhaitant être présentes mais qui ne pourront pas nous rejoindre. Dans tous les cas, à très bientôt 😀

Benoît, pour la team

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Au pays des dresseurs de chevaux… Enfin, pas pour tout de suite.

A quelques kilomètres de la frontière mongole, sortant du bus en provenance de Pékin, nous y étions presque. Presque. Quel euphémisme ! Ce matin là, dans un froid glacial  – nous n’y étions plus habitués- nous ne nous doutions pas encore de l’épopée qui nous attendait pour passer en Mongolie.

Une bonne bouffée d’oxygène. Du froid, du frais, enfin ! Je me réjouissais déjà de parcourir les steppes du grand Gengis Khan. Comme après chaque voyage en bus, on remonte nos bécanes, refixant les pièces détachées et accrochant nos sacoches. Souvent, cela attire pas mal de curieux. Parmi-eux, certains restent tranquilles, contemplent silencieusement. D’autres par contre font aller la sonnette (au plus grand plaisir des autres), examinent, palpent, touchent et posent des questions. Ah ces questions ! Souvent, on les regarde en souriant et on tente d’apporter une réponse à ce que pouvait être leur question. Une chose était sure, tous n’étaient pas chinois dans le tas. Quelque chose de plus russe dans la langue et plus bourru dans leur visage. Oui, nous approchions…

Bien qu’aux limites du territoire chinois, nous pouvions déjà déceler quelques caractères cyrilliques sur quelques enseignes dans les rues. Enfin les rues, plutôt ces avenues imposantes quoique désertes que j’associe maintenant au régime communiste. Sur les abords de cette ville frontalière : le Gobi (il me semble), le désert à perte de vue. Nous apercevons au loin le pré-poste frontière. Une barrière barrait la route. Nous avions entendu des rumeurs comme quoi la frontière ne pouvait être passée qu’à pied. Dans notre cas, nous ne nous sentions qu’à moitié concernés. Bah quoi ? A vélo, ce n’est pas à pied tout de même ! Je précise « à moitié concernés », car nous étions tout de même bien conscient de l’inflexibilité dont peuvent faire preuve certains douaniers. Rétrospectivement, nous avions donc à moitié vu juste !

Arrivés aux abords du pré-poste (qui n’était pas celui où l’on tamponne le passeport), je me faufile au travers de la barrière comme si de rien n’était, espérant que cela puisse passer. Des ennuis en moins me disais-je, des histoires en moins à expliquer en anglais à quelqu’un qui de toute façon ne parle pas l’anglais. Quelques coups de pédale et …  » Beeeeeeeeenn! » Zut ! Visiblement on ne passe pas comme ça, ma technique de l’indifférence n’a pas marché, au moins j’aurai essayé. Ah ! Un garde. D’où sortait-il d’ailleurs ? Sa cabine m’avait semblée totalement vide. Bref, un garde à moitié réveillé (j’ai l’impression) nous explique qu’il n’est pas encore l’heure de passer la frontière. OK, nous coopérons et repartons en quête d’un petit déjeuner en attendant l’heure indiquée.

Quelques centaines de mètres en arrière, nous jetons notre dévolu sur une petite épicerie qui paraissait d’ailleurs fermée à première vue. Les emplettes une fois réalisées, c’est tout simplement dehors, sur le trottoir, assis par terre, que nous allions commencer notre petit festin du matin. Je vous l’accorde, ça faisait un peu clodo comme comportement mais bon voilà, avait-on vraiment le choix ? D’ailleurs on devait surement faire un peu (beaucoup?) pitié parce qu’il n’a pas fallu une minute, pas une, pour que le sympathique petit commerçant nous invite à l’intérieur de son magasin. C’est donc avec nos nouilles instantanées, nos casseroles et quelques autres bric-à-brac que nous sommes rentrés bien volontiers dans son commerce, qui semble-t-il était aussi sa pièce de tous les jours (du genre salon, là où l’on y passe du temps). Assis sur des six-pack de bière (gracieusement prêtés par notre hôte attentionné) au milieu de la boutique, entre l’étalage des fruits et légumes et je ne sais plus quel rayon, nous concoctions alors notre frugal déjeuner. De temps en temps un client rentrait, surpris, faisait ses petites courses et s’interrogeait sans doute quant à la présence de ces trois inconnus en plein milieu du jeu de quilles. Pour d’autres par contre, cela paraissait presque normal.

Une fois le petit-déj’ englouti, nous en avons profité pour faire davantage de courses ici, le petit monsieur étant fort sympathique envers nous. Une fois les biscuits achetés – mais aussi fruits, nouilles, nouilles et encore un peu de nouilles – nous étions prêts pour réitérer notre tentative du côté de la frontière. Tiens tiens, une fois de retour là-bas, une nouvelle barrière était apparue entre temps. On essaie de passer, parfois ça marche, et « STOP! ». Encore raté. « Vous ne pouvez pas passer » nous disent les bras du soldat (lui, on ne comprend rien de ce qu’il nous dit de toute façon). Visiblement, il est écrit sur le panneau qu’il faut passer en véhicule. « Allez mon brave, nous sommes gentils, les vélos ça compte non? » On insiste, un peu sur le ton de la rigolade pour ne pas trop offenser ce jeune homme de l’armée, en vain. Déjà, quelques intéressés se rapprochent, attirés plus par l’appât du gain que nous représentions que part la réelle aide qu’ils voulaient nous offrir. Ca fait un peu mauvaise langue de dire ça comme ça mais je ne suis peut-être pas si loin de la réalité. Il faut rappeler que nous avions encore le goût amère de la dernière expérience en bus pour venir jusque là. Bref, on nous explique qu’il faut passer obligatoirement en voiture. Aucun problème. Si ! Problème ! Les vélos. On nous explique qu’on doit payer plus, plus, toujours plus et vraiment plus, pour transporter nos deux-roues. »Aaaaaaarghh ! Ras-le-bol nom de D*** ! On fait demi-tour sentant le guet-apens à plein nez. Finalement, on rencontre un gars prêt à nous aider. Bon signe, il semblait assez  optimiste sur le « comment caser les vélos et les sacs » alors que la voiture était déjà pleine à craquer. Il nous explique aussi qu’il ne peut pas nous charger ici même, mais un peu plus loin. La raison ? Il nous montre Un policier, arrêté au carrefour, à 50 mètres de nous. Pour éviter toute hypothèse non fondée de ma part, je ne vous décris que ce que j’ai vu : un monsieur en uniforme empochant les billets de chaque 4×4 voulant passer la frontière. En suivant donc notre nouvel « ami » hors de portée du policier, nous allions surement faire l’objet de ce qu’on pourrait appeler une fraude en notre faveur. Rectification : un bakchich en sa faveur. Une fois les vélos posés sur le toit de la Jeep, Antoine et Bob littéralement repliés à l’arrière et moi à l’avant. Le moment fatidique tomba, la question d’argent arriva comme une claque en pleine figure. Enfin, le genre de claque qu’on voit arriver à l’avance certes.

Trois cents yuans (40€). TROIS CENTS YUANS ?! Pour faire cent mètres, alors qu’on pourrait le faire nous même en cinq coups de pédale. Il est en plein délire ou quoi ? Nous rétorquons, 100 Yuans, et c’est déjà cher payé. Il regarde son pote en dehors (notez qu’ils sont tous les deux assez basés, en tout cas celui dans la Jeep pour sûr!) puis lève le ton laissant un peu trahir son impatience. Non, 300 Yuans. Non, non et non. Je sors un billet de 100. Je le sens bouillir de plus en plus. Après quelques instants :  » OK, 200 pour le tout et on en parle plus, tu nous conduis en Mongolie ». Non, 300. J’admets être de nature bornée, mais alors lui, c’est le champion ! « Les gars, dis-je, on descend tous, enlevons nos vélos ». Après tout, on avait la journée devant nous de toute façon. Finalement, il accepte. Tu m’étonne John il se fait déjà de l’or en barre avec ce qu’on lui propose. C’est parti, la voiture démarre. Nous, nous sommes toujours empaquetés à l’intérieur. Le chauffeur discute avec le même soldat qui nous avait refoulé juste avant. On passe. OUF ! Soulagé, ou presque. Ce n’était pas fini.

Arrivés près d’un gros bâtiment : terminus tout le monde descend. « Enlevez vos vélos, passez vos bagages via la douane et remplissez les formalités » nous dit-il. Je ne sais pas pourquoi, mais ça sentait l’entourloupe son histoire de descendre les vélos, nous n’étions même pas encore en Mongolie ! Enfin de toute façon, puisqu’il était quasi impossible de discuter avec, écoutons-le. Une fois à l’intérieur, nous étions prêts à nous faire tamponner le passeport pour sortir de Chine. Seulement, ça serait trop facile. Il nous manquait encore quelque chose, une sorte de ticket. Bon, essayant de garder notre sang froid, on demande calmement où se procurer ce dernier. L’homme derrière son guichet nous indique la direction de dehors, ou des toilettes. On ne savait pas vraiment à cet instant. On exclue assez rapidement la seconde option, celle des WC, et on se dirige vers l’extérieur. Alors que nous allions sortir, une dame essaie de nous communiquer quelque chose en nous faisant signe de venir. Quelle dame? Celle des toilettes! Elle nous sort quelques tickets de sa poche déjà cachetés et officialisés, en échange de quelques yuans supplémentaires. Officiel ou officieux ? Etrange dans tous les cas. Bref, TICKETS OK ! Nous parvenons finalement à obtenir le tampon de sortie et récupérons nos vélos. Mongolie nous voilà ! Ou pas… De retour à l’extérieur mais sans de réelle surprise, notre ami en Jeep n’était déjà plus là. Génial, merci, et il reste encore une barrière à franchir… en véhicule. Allez, jamais deux sans trois. On essaie de passer le dernier poste chinois ni vu ni connu. Eh bien non, on ne la leur fait pas à eux non plus, bien trop formé à ce genre de subterfuge. Rebelote, ça discutaille, ça se demande comment on est arrivé là en vélo, ça ne pète pas un mot d’anglais et ça commence sérieusement à nous gonfler ! « Vous devez payer une Jeep ». On grince tous les trois des dents tellement la situation devient insupportable. Enfin je crois, moi je commençais à bouillir en tout cas. Bon, comment leur expliquer que notre chauffeur s’est gentiment fait la malle ? Après une multitude de dessins, de gestes pour expliquer… Rien. Après avoir envisagé d’attendre jusqu’à ce qu’ils cèdent ou d’attendre la tombée de la nuit pour franchir cette satanée barrière, nous retentons une autre Jeep. Cette fois, BINGO, on passe ces foutus 100 m de route en Jeep, nos vélos sur le toit, et presque pour une bouchée de pain (par rapport au reste en tout cas…).

Enfin !

PAM-PAM, PAM-PAM, PAM-PAM ! Le bruit des cachets d’entrée sur nos VISA mongols mettaient enfin un trait à toute cette mascarade. Nous y étions, finalement. Arrivés à Zamin Uud, ville frontière côté mongol, j’avais l’impression de me retrouver en Bolivie. Non pas pour ces montagnes, il n’y en avait pas. Non pas pour une langue familière, on n’y comprenait rien. Mais bien pour les vieilles carrioles sur le point de rendre l’âme, les enfants aux vêtements troués et sales, pour la poussière et la terre omniprésente, pour les routes en mauvais état, pour la pauvreté tout simplement criante…

L’objectif à présent était de trouver un moyen de rejoindre Ulaan Baatar (Oulan-Bator qui signifie Héros rouges, capitale de la Mongolie). Heureusement, un train quotidien rejoint la ville. Ne restait alors plus qu’à régler le problème des vélos qui, encore une fois, se termina par des demandes de pourboires supplémentaires. L’amertume de la douane était encore palpable.  Cette fois-là, nous les avons donc bien envoyé balader.

Plus tard, quand le soir tomba enfin, le train arrivait lui aussi. Malgré la chaleur de la journée, le frais voire le froid de la soirée prenait rapidement le dessus. Sur le quai à demi éclairé, nous transportions tout notre équipement, beaucoup trop lourd soit dit en passant.  Le train quant à lui, aux allures d’une ancienne locomotive, crachait de la vapeur ou de la fumée comme le Poudlard Express de Harry Potter. Tout du moins, c’est l’idée que j’en garde. Tout semblait si calme et rien n’aurait pu rompre ce soulagement d’arriver enfin en cabine. Sauf que nous, nous n’étions pas sur le quai 9 3/4 d’Harry (c’est la dernière allusion à ce roman, promis ;-)) nous étions à Zamin Uud au fin fond de la Mongolie. Or là-bas, si tu as le malheur de montrer ne serait-ce qu’une fraction de seconde de ce qui aurait pu être l’ombre d’un moment de répit, on te prend tes sacs pour les conduire en cabine. On te les prend, oui ! Sans vraiment avoir le choix si ce n’est que de les arracher pour les récupérer. Sympa non ? Non. Enfin, si. Mais nous, nous n’en n’avions pas besoin de cette aide. Imaginez donc, près de 20 sacs à transporter (incluant les tentes) au total, ça en donne de la possibilité aux gens de vouloir nous aider, et ça n’a pas raté ! Du coup, une fois installés dans notre compartiment avec tout notre barda et perlant de sueur, ce que nous avions prévu arriva forcément. Trois hommes le visage arrondi, les pommettes rouges et saillantes, les yeux bridés mais pas trop, le nez écrasé, baraqués, trapus…bref trois mongols. Il ne fallut pas bien longtemps avant un « Money » lancé par l’un d’entre eux et accompagné de ce geste qui ne trompe pas. Vous savez, celui où l’on  frotte son pousse et son index d’un but cupide pour avoir du…cash money ! « Eh bien mon gros, tu n’auras rien, pas l’ombre d’un cesters ! », ça c’est ce que j’aurais aimé lui dire. « No », c’est ce que je lui ai dit, plus international et compréhensible. Bien sur, il répétait sa proposition en « monglais » (c’est du mongol et de l’anglais) comme un robot. On commençait vraiment à s’énerver, je pense qu’ils le voyaient bien, j’ajoute en Anglais (j’aurais très bien pu le faire en français, ce qui revenait au même) qu’on en ras le bol de leurs histoires à deux balles, qu’on n’a jamais voulu de leur aide et qu’ils, s’il-vous-plait, nous foutent la paix une bonne fois pour toute ! Cette fois-ci, en position de force, nous n’avons pas cédé. Un d’entre eux venait de capituler, le deuxième quelques instants plus tard. Il ne restait plus que le plus têtu de la bande qui s’installa sur notre banquette, les bras croisés, bien décidé à ne pas bouger d’un iota (comme dirait Antoine!). Heureusement, alors que nous commencions presque à nous faire à sa présence, la Provodnitsa (chef de wagon dans ce genre de transport) se chargea de notre ami avec une autorité impressionnante, sans doute habituée à ce genre d’énergumènes.

Quelques instants plus tard, enfin, le train se mit en route. Nous avons savouré et partagé nos quelques bières avec notre compagnon de cabine, Erdene Bayar, qui nous en apprend plus sur la Mongolie. Fils d’un dresseur de chevaux, lui travaille désormais dans une ville minière en tant que contrôleur de marchandise. Cependant, il m’explique qu’il adore parcourir la steppe à cheval, pêcher dans les rivières, dormir à la belle étoile, ce qui ne peut empêcher mon imagination de prendre le large. Les vastes étendues sauvages … J’en frissonnais déjà de plaisir !

Au milieu de la nuit, on me secoua doucement l’épaule pour me réveiller. Je mis quelques instants pour sortir de mon sommeil profond, bercé par le « dough-dough » continu du train. On y était. Pas à Oulan-Bator, non. A Selenge, encore dans le Gobi, là où Erdene travaille.

J’avais insisté la veille pour qu’il me réveille afin de lui dire au revoir tant cet échange m’avait ému. C’est étrange, on n’aura peut-être parlé que quelques heures, lui et moi, tout au plus. Néanmoins,  son histoire me touchait, me fascinait. Pourquoi lui et pas un autre ? Je n’en sais rien. Une chose est sure, je me souviendrai longtemps de cette poignée de main sincère avant qu’il ne quitte la cabine. Dans son regard, je pouvais vraiment lire qu’on était les bienvenus chez lui, si jamais nos chemins se recroisaient. J’en avais la gorge nouée …

Le réveil du lendemain était spectaculaire. Le désert étant traversé et terminé, nous étions à présent dans les légendaires steppes mongoles. Des plaines à perte de vue clairsemées de yourtes par-ci et là et de nombreux chevaux. On dit que la Mongolie est le pays du ciel bleu, on ne nous avait pas menti. Le bleu du ciel était magnifique, d’une pureté qui me paraissait incroyable par rapport au bleu laiteux de Chine. La fenêtre du couloir entrouverte,  je respirais à pleines bouffées l’air frais qui s’engouffrait dans l’allée. Je me sentais extraordinairement bien, paré et fin prêt mentalement pour arpenter ces vastes étendues à vélo.

–          Benjamin

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Mise à jour des photos

Nouvelle mise à jour des photos  de Chine, Mongolie, Russie et Ukraine !

Un article sur la Mongolie sera bientôt posté !

Enjoy

Chine

Mongolie

Russie

Ukraine

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