Vietnam : pour le meilleur et pour le pire

Première partie : Malheureusement, plusieurs événements tendent vers le pire…

Mais reprenons les choses dans l’ordre et commençons par le début. Le passage de la frontière, c’est pour une fois en bus que nous l’avons effectué. De Phnom Penh, au Cambodge, c’était direction Ho Chi Minh ville, anciennement appelée Saïgon, dans le sud du Vietnam. Arrivés au terminal de bus de Ho Chi Minh ville, nous déchargeons nos vélos du bus et réinstallons nos sacoches sur les vélos. A peine le temps de tout remonter que les gardes du parking nous foutent dehors, presque en vociférant, car l’entrée du terminal n’est réservée qu’aux bus. Ils sont marrant, les cocos, comment peut-on faire autrement que d’êtres avec nos vélos sur le parking, nous qui sommes arrivés avec les vélos dans le bus… On avait déjà vu plus agréable et plus cordial comme accueil lors de notre arrivée dans un nouveau pays.

Arrivés en fin de journée, nous trouvons une petite auberge, dans une toute petite ruelle, en dehors de l’agitation des rues principales. Et quelle agitation ! On croyait avoir tout vu à Phnom Penh, avec une circulation incroyable, des motos dans tous les sens et un code de la route qui ne semble pas contenir de notion de priorité, mais ici c’est encore pire ! A Ho Chi Minh ville, ce sont de véritables embouteillages de motos qui se forment aux heures de pointe. Quand les trottoirs ne sont pas déjà envahis par les échoppes de rues, obligeant les piétons à marcher sur la route, ce sont alors les motos qui envahissent les trottoirs, pour essayer par tous les moyens de gagner quelques mètres. Conséquence de cette frénésie, les carrefours se trouvent parfois complètement bloqués, les motos continuant sans cesse à s’engager même si le carrefour est déjà totalement encombré. Nous avons bien rigolé au milieu de cette folie des deux roues, nous mêlant à cette masse impressionnante munis de nos bicyclettes 🙂

Note : les PHOTOS du Vietnam et du Laos sont maintenant en ligne.

Le lendemain, nous avons consacré la majeure partie de notre journée à visiter et à prendre l’ambiance de la ville. Ayant rencontré un chouette couple de Français, ceux-ci nous ont renseigné les bons plans à voir et à faire. Ils ont été de très bon conseil et nous avons pu les remercier en les recroisant à 2 – 3 autres reprises dans les environs de notre auberge. Leur enthousiasme pour le Vietnam, après leurs 3 semaines de voyage dans ce pays, augurait le meilleur pour nous ! Au programme des activités à Ho Chi Minh ville, la visite de plusieurs bâtiments majestueux hérités de la domination française : la mairie locale, la poste centrale, l’une ou l’autre belle église et quelques hôtels de style colonial. En dehors de ça, quelques beaux parcs et jardins, et puis surtout l’impressionnant Musée des Souvenirs de Guerre. Ce musée retrace l’histoire de la guerre du Vietnam et des atrocités commises par les américains dans cette guerre contre le communisme, avec notamment l’utilisation d’exfoliants et de l’Agent Orange, ce désherbant extrêmement toxique ayant fait des dégâts indescriptibles sur la nature, et plus encore sur la population… Le musée transpire cependant un peu trop la propagande anti-américaine, dans un pays où le drapeau communiste (avec le marteau et la faucille) est presque toujours accolé au drapeau vietnamien. Au départ, le musée avait d’ailleurs été appelé « Musée des Crimes de Guerre de l’Impérialisme Américain », puis « Musée des Atrocités Américaines », avant de prendre son nom actuel, plus politiquement correct. Ainsi, seules les armes américaines, seuls les soldats américains, seules les prisons et les tortures américaines sont présentés ici, alors que toutes les victimes sont vietnamiennes et que les enfants vietnamiens sont présentés en exemple pour les gestes de « résistance » et de courage contre l’envahisseur impérialiste. Et puis, l’histoire s’arrête à la victoire nord-vietnamienne, et passe sous silence ce que les forces du nord ont fait subir à leurs concitoyens du sud après la prise de pouvoir.

Après avoir visité à Phnom Penh, quelques jours plus tôt, une ancienne prison de haute sécurité utilisée par les Khmers Rouges, atteints d’une incompréhensible folie meurtrière qui les a menés à commettre un terrible génocide contre leur propre population, cette nouvelle visite bouleversante nous a fort touchés.

Nous avons rejoint Ho Chi Minh ville en bus et c’est de cette même manière que nous avons quitté la ville. Au programme, pour arriver à Hué au centre du Vietnam, 24h passés dans un bus à couchette, au milieu des marchandises entassées sur toutes les places libres et à regarder des films doublés en vietnamiens. Enfin, peut-on vraiment parler de doublage, quand toute la bande son est supprimée et que le seul son du film est le fait d’un seul et même doubleur, parlant de façon monotone et sans intonation, et surtout doublant tous les acteurs sans aucune variation, que ce soit Schwarzenneger ou Van Damme, transpirant la testostérone, autant qu’une petite fille fluette… !

A Hué, nous nous sommes un peu baladés dans la ville durant la soirée, nous perdant dans les petites ruelles calmes, longeant les canaux, et nous arrêtant ça et là, à une table de café ou chez une famille vietnamienne nous invitant à partager une bière devant un match de football de Premier League (championnat anglais de foot). Le lendemain, reprise du vélo, sans manquer de passer par l’ancienne cité impériale de la dynastie Nguyen. Ce palais somptueux et les jardins l’entourant ont été fortement détruits par la guerre, mais les rénovations et reconstructions vont bon train pour rendre à cette cité impériale sa splendeur d’antan.

Pour une fois, on arrive à sortir de la ville par des petites routes, et nous nous retrouvons très vite au milieu des rizières. Que c’est beau, ces paysages aux milles verts très intenses, au milieu desquels s’agitent des petits chapeaux chinois (vietnamiens, en l’occurrence 😉 ). Emerveillés par ces beaux paysages et enjoués par les « Hellos » et les quelques mots échangés en anglais avec les enfants sortant de l’école à vélo et nous accompagnant parfois quelques instants, le jour commence à tomber et il est temps pour nous de trouver un endroit où dormir. Après quelques recherches, nous avons la possibilité de poser nos tentes dans le jardin d’un jeune d’une vingtaine d’année, derrière sa maison. Ce garçon nous parait bien sympathique et, une fois installés, nous lui proposons d’aller ensemble se boire une petite bière au café d’en face. Avec ses quelques mots d’anglais, il nous propose de goûter des nems, les « Number One du Vietnam » nous dit-il, et nous acceptons avec joie. Ces nems, que nous préparons nous-même à la main en suivant l’exemple de notre hôte du jour, sont véritablement succulents ! Au cours de la soirée, à 3-4 reprises, deux autres personnes présentes au café passent le téléphone à Benjamin. Au bout du fil, une voix féminine lui demande « Do you need help ? ». De l’aide, non, nous n’en avons pas besoin, nous sommes bien installés, tout se passe bien pour nous, nous n’avons pas l’intention de bouger d’ici pour aller dormir ailleurs. Peu à peu, au fil des appels, les demandes se font plus insistantes et de plus en plus directes, « Do you want to have fun ? », et finalement « I want to sleep with you ! ». En fait, au téléphone, on nous mettait tout simplement en contact avec des « copines » (comprenez des filles de joie, qu’on appelle « copines » depuis que quelqu’un nous en avait parlé de la sorte plus tôt pendant le voyage) ! Assez étrange comme manière de procéder, mais Benjamin a finalement réussi à refuser les demandes de manière assez claire pour qu’on ne nous passe plus le téléphone.

Un peu plus tard, la chouette soirée se termine doucement. Notre hôte a l’air de devenir un peu nerveux, fait quelques allers-retours jusqu’à sa maison, à quelques mètres de là, pendant que nous payons le repas, et nous presse de finir nos bières pour aller se coucher. En revenant chez lui, on observe un petit attroupement de gens devant sa maison. Notre hôte s’agite de plus en plus et nous dit alors qu’on ne peut plus dormir dans son jardin, que c’est dangereux, que la police va venir pendant la nuit pour nous tabasser et nous voler nos affaires. Ca devient franchement inquiétant et, bien que nous n’ayons pas vu un seul uniforme policier parmi les gens présents devant chez lui, nous obtempérons à sa demande de replier nos tentes et de ranger nos affaires. Il nous propose alors de le suivre pour aller dormir dans une autre maison à quelques kilomètres de là, mais nous ne savons pas trop quoi en penser et nous n’avons plus trop confiance en ses dires. Nous décidons alors de reprendre la route, au milieu de la nuit noire, pour rejoindre une ville à 15-20 minutes de route et nous trouver une chambre. Notre hôte et un ami à lui nous accompagnent avec leurs vélos et nous indiquent une Guest House dans la ville. Merci à eux, nous passerons donc la nuit à l’intérieur. Et comme on le sentait venir, notre « ami » nous demande un pourboire pour lui et son ami pour nous avoir conduit jusque-là (alors qu’on connaissait très bien la route, nous l’avions fait dans l’autre sens quelques heures plus tôt). Aucune envie de le rémunérer, alors qu’on lui a déjà payé le repas et les bières précédemment et qu’on avait un peu l’impression qu’il nous avait raconté cette histoire pour nous soutirer de l’argent. Finalement, c’est avec quelques fruits et quelques biscuits qu’ils repartiront, pour soulager la « faim » qu’ils nous mimaient (mime transformé en tabassage par la police à la réception de nos denrées alimentaires…).

Quelle étrange mélange de sentiments que nous avons vécus au cours de cette soirée, passant du bien-être dans les rizières, à la joie de la chouette soirée, puis à un peu de peur et finalement de rancœur envers notre rencontre du jour.

Le lendemain, c’est dans un paysage assez différent que nous reprenions la route. Ayant quitté les rizières, c’est à présent au milieu de belles collines boisées que nous pédalions, sur la route Ho Chi Minh, encore lui (Ho Chi Minh fut un dirigeant emblématique lors de l’acquisition de l’indépendance du Vietnam en 1945 ainsi que lors de la guerre du Vietnam ; aujourd’hui, son corps embaumé, exposé dans un mausolée, fait toujours l’objet d’une véritable vénération). La route était assez agréable, assez calme, dû sans doute à la densité de population bien moindre dans ces collines qu’au milieu des rizières ou le long des routes principales.

Mais cette impression de calme annonçait malheureusement une bien mauvaise aventure… En début d’après-midi, roulant chacun à notre rythme, à quelques centaines de mètres l’un de l’autre, c’est Benoît qui en a fait les frais. Roulant avec la musique dans les oreilles, il n’entend pas qu’une moto est venue se positionner juste derrière lui. Le conducteur de la moto interpelle alors Benoît, qui enlève ses écouteurs pour arriver à le comprendre. Celui-ci indique les écouteurs et demande à Benoît de les lui donner, puis lui demande de lui donner de l’argent. Aucune envie de donner quoi que ce soit à cet inconnu, qui se montre de plus en plus insistant… Il agrippe le bras de Benoît pour tenter de l’arrêter, se met devant lui pour lui bloquer le passage et en vient même à lui donner des coups de pied et à rentrer dans la roue arrière de son vélo avec sa moto pour essayer de le faire tomber. Après quelques minutes de ce triste « jeu », une moto arrive dans l’autre sens. Benoît ne laisse pas passer l’occasion, fait de grands signes à cette moto pour lui demander de s’arrêter et explique par signes à ses passagers que le Vietnamien à côté de lui essaye de l’agresser. Alors que les Vietnamiens commencent à discuter entre eux, Benoît s’en va aussi rapidement que possible. Quelques instants plus tard, son agresseur à moto le rattrape à nouveau, mais cette fois pour s’excuser. A contrecœur, Benoît accepte de lui serrer la main et l’histoire s’arrête-là. Un peu plus tard, une fois qu’on s’est tous rejoints quelques kilomètres plus loin, c’est choqué par cette agression que nous décidons de rejoindre une ville pour passer la nuit dans la sécurité d’un hôtel.

Le lendemain, nous nous essayons au stop de façon à gagner quelques heures de vélo et d’être plus à l’aise sur notre planning, ayant un rendez-vous fixé à Vientiane, au Laos, quelques jours plus tard. Le stop est un cuisant échec, dans ce pays où le système politique interdit aux camionneurs de prendre des auto-stoppeurs, autant qu’aux Vietnamiens d’accueillir des étrangers chez eux, par exemple. C’est alors en bus que nous faisons quelques heures de route. A la descente du bus, on reprend le vélo sur quelques kilomètres, avant que la nuit tombe. Pas découragés par la mauvaise expérience passée, nous nous réessayons à trouver un endroit où dormir chez des Vietnamiens. Après quelques refus et redirections vers l’auberge la plus proche, un petit monsieur nous fait signe de venir chez lui. Très gentiment, il nous propose de dormir chez lui et nous propose même son lit pour la nuit ! Nous ne pouvons pas accepter d’occuper son lit, mais nous installons nos tentes dans sa petite cour. Nous ne sommes pas près d’oublier cette magnifique soirée, passée au milieu de cette chouette famille, mais surtout entourés par tout le village qui s’est regroupé autour de la maison pour venir voir les étranges visiteurs que nous sommes 🙂 Au programme, volley, football, présentation de notre pays sur le globe gonflable, présentation de quelques photos du voyage, essai de fumer avec l’espèce de pipe locale typique du Vietnam, propositions « osées » de quelques femmes du village de dormir avec nous dans nos tentes, tentative de nous « marier » à l’une des filles du village, discussions avec Google Translate comme interface de communication et même présentation de nos maisons en Belgique à l’aide de Google Street View, accessible depuis leur téléphone portable ! (incroyable ce que nous permet aujourd’hui internet et la technologie !) Quel bel accueil et quelle chouette soirée, assurément une des plus chouette dans une famille locale depuis notre arrivée en Asie ! Voilà de quoi nous réconcilier un peu avec le Vietnam 🙂

Plus que quelques dizaines de kilomètres avant de rejoindre le Laos, prochaine étape de notre voyage. Et malheureusement, encore une rencontre assez malheureuse au programme… Comme souvent, nous nous arrêtons dans un petit bui-bui pour dîner. Nous demandons de quoi manger à l’aide de gestes et de notre petit imagier, et nous recevons un bon petit repas (Benjamin a d’ailleurs été enchanté par la viande, une des meilleures depuis longtemps, trouve-t-il). Bien repus et prêts à reprendre la route, c’est alors qu’une nouvelle mésaventure survient, lorsque vient le moment de payer le repas. En mangeant dans ces bui-bui, les prix ne sont que rarement indiqués et nous ne recevons généralement la note qu’en fin de repas. Jusque-là, ça n’avait jamais vraiment posé de problème, même si nous nous doutons que les prix sont parfois peut-être un peu « gonflés » pour nos petites têtes d’occidentaux… Rien de bien scandaleux, et puis nous négocions les prix au rabais lorsqu’on estime que c’est exagéré. Mais cette fois, c’est plus de 3 fois le prix normal d’un repas que la dame nous demande ! Nous ne pouvons pas accepter un prix pareil, plus par principe que pour le prix en tant que tel. Mais impossible de négocier quoique ce soit, la dame reste sur sa position et ne veut pas bouger d’un iota. Rapidement, la tension monte… Nous décidons alors de lui laisser un montant plus que correct sur la table et de s’en aller, mais c’était sans compter sur le fait qu’elle allait agripper fermement le vélo de Benoît afin de nous empêcher de partir sans s’être acquitté la somme qu’elle souhaitait. Finalement, après quelques échanges verbaux musclés (en vietnamien, anglais, français et surtout par signes, bien sûr), nous partirons enfin après lui avoir donné encore quelques billets de plus.

C’est dans cet état d’énervement que nous gravissons alors un long dernier col pour quitter le Vietnam et entrer au Laos, avec, il faut bien l’admettre, une certaine joie et un certain soulagement… Pour la suite du voyage, nous avions prévu de revenir à nouveau au Vietnam une dizaine de jours plus tard, plus au nord, du côté d’Hanoï. Nous croisions déjà les doigts pour avoir alors une image plus positive de ce beau pays !

 –  Antoine

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Séjour dans le livre de la jungle

Notre arrivée au Cambodge était pour du moins contrastante et bouleversante. Contrairement aux soleil de plomb thaïlandais qui ne nous avait pas quitté de la journée, des nuages menaçants se profilaient au dessus de nos têtes, accompagnés d’un vent soutenu qui soulevait la terre et nous la fouettait contre le visage. Tout paraissait brun, gris, sale, triste.

À la douane, des billets étaient passés en douce aux douaniers, sous nos yeux. L’intérêt ? Faire passer des groupes plus vite… mais peut-être aussi pour d’autres raisons plus obscures… Passés la frontière, la pauvreté était criante. Pantalons déchirés, visages sales, des enfants nous regardaient débarquer d’un autre monde. La circulation était elle aussi anarchique. Ça roule à gauche, à droite et à gros coup de klaxon.  Bref, changement assez radical !

Quelques centaines de mètres plus loin, un autre changement ou tout du moins un petit aperçu d’une cuisine différente. Ce soir là, nous avons pu refaire un cours d’anatomie du poulet. Tout ça dans une soupe ! Morceau de colonne vertébrale, cœur, veines, artères, foie, pattes et bien autre encore. Bienvenue au Cambodge !

Plus tard, comme à notre habitude depuis la Thaïlande,  nous avons logé dans un temple bouddhiste, accueillis par des moines. Ma première discussion avec l’un d’entre-eux  m’a d’ailleurs frappée : « Cambodia is very dangerous now » ! Sans rentrer dans les détails de cette conversion, il évoquait les tensions notamment avec le Vietnam et les prochaines élections cambodgiennes. Alors que nous installions nos tentes, le moine suivant me raconte qu’il y a des cobras qui rôdent par terre. Cherchent-ils donc à nous effrayer ? Ajoutez à cela un moine un peu hystérique du genre fofolle et vous aurez là plus ou moins le tableau de notre première soirée au Cambodge, inoubliable au final !

D’ailleurs ce n’est pas tout… Le bivouac étant installé juste à côté de leur lieu de prière, à l’endroit d’ailleurs recommandé par nos hôtes, notre ami nous averti tout de même que le lendemain serait un jour de fête et que les gens viendraient donc y prier. Est-ce que cela nous convient me demande-t-il ? Évidemment lui dis-je, du moment que nous ne dérangeons personne ! Il m’expliqua finalement qu’ici, il commenceraient à prier vers 4 h du matin. Pas de soucis, je ne suis pas contre un réveil en douceur par d’éventuels chants religieux et spirituels. Au lit, ou plutôt sur mon matelas trempé de sueur dans une atmosphère digne d’un ham-ham, je dormais tant bien que mal. OUF, je suis enfin parvenu à trouver sommeil et m’endormir complètement …

Quel bonheur, dormir …

Soudain, c’est comme si un chaman en trans hurlait ses incantations magiques dans mes oreilles. Hein quoi ? Qu’est-ce qui se passe ? Quelle heure est-il ? Environ 4 h du matin. Noooon, c’est pas possible ! J’hallucine ! Ils prient ! Enfin, rectification : un baffle au volume max, programmé en boucle, vocifère des paroles enregistrée sur un ton et un rythme de voix si anormal ! Vraiment, rien que d’écouter, je me sentais mal, comme si un gourou essayait de me laver le cerveau. Je n’en revenais pas. Comment une religion si spirituelle et paisible d’apparence pouvait engendrer des prières de la sorte. Mystère qui restera sans réponse … Nous sommes tout de  même parvenus à lutter et à ne sortir de la tente qu’à 5h30, sous le regard étonné de quelques villageois venus se recueillir. On ne s’attarda d’ailleurs pas trop pour replier tentes et bagages afin de prendre le déjeuner à plusieurs centaines de mètres plus loin, d’où il était toujours possible d’entendre les fameuses prières.

Ce jour-là, nous avons passé une longue journée à vélo. Les paysage était d’ailleurs très différent de la Thaïlande. On devinait une forêt tropicale au loin, qui était précédée d’une vaste plaine très sèche faisant penser un peu à la savane africaine !

Le ciel paraissait blanchâtre tellement la luminosité était forte et surplombait ce paysage d’un jaune desséché. De temps en temps , une colline de terre rouge émergeait du sol à mon plus grand plaisir, rompant la platitude du paysage. A chaque village nous étions accueillis par d’innombrables « Hello! » lancés par les enfants.

Je ne pense pas exagérer en disant entendre au moins une centaine de « hello » par  jour. Par moment, cela fusait de partout ! Impossible de savoir où donner de la tête et à qui répondre. Le plus marrant, ce sont les tous petits, parfois complètement à poil, qui piquent littéralement un sprint pour nous saluer et parfois nous taper dans la main. Pour une première journée au Cambodge, c’était vraiment éprouvant. J’étais d’ailleurs très content à l’idée de retrouver la sérénité d’un temple bouddhiste, pourvu qu’ils ne priaient pas.

Après avoir roulé dans la poussière toute la journée et lutter contre une chaleur accablante, quelle réjouissance de pouvoir se laver en fin de journée. Je ne pensais pas que cela pouvait procurer autant de bien ! Surtout après une partie de volley improvisée avec deux cambodgiens !

Hop le temps d’attraper mon essui (serviette de bain pour nos amis français qui nous suivent ;-)) et mon savon, je file me rafraîchir éclairé par la petite lampe à pétrole qui m’était soigneusement prêtée par un moine ! Je me faufile alors dans la petite allée qui mène au cabanon, faisant office de salle de bain. Une fois à l’intérieur, imaginez une petite petite pièce carlée de rouge et disposant d’un grand réservoir d’eau pour se laver. Sur le côté, je souris quand j’aperçu un éclat de miroir minuscule déposé pour qui eut la patience de s’y regarder. Démuni d’électricité comme beaucoup d’autres endroits, celui ci était néanmoins garni de deux belles bougies jaunes, disposées par nos hôtes attentionnés. Leur flammes donnaient d’ailleurs une lumière rassurante et apaisante. Tout en plongeant un bole pour le remplir d’eau et me savonner, je contemplais les ombres projetées sur les murs orangés. Elles animaient la pièce à leur façon, dansaient gracieusement, me captivaient. Tout était si calme. Quelle tranquillité. L’eau ruisselait et le bruit qu’elle procurait renforçait la sérénité qui régnait en ces lieux. A l’autre bout du monde, dépourvu de toute grosse technologie ou de confort ultra-moderne, je vivais là un moment inoubliable en toute simplicité. Épuisé par la journée, je me suis vite couché. Hélas, la sensation de fraîcheur après la douche est éphémère. Très vite, trop vite, la chaleur redevenait omniprésente et écrasante. Comme à son habitude depuis le début de nos nuits à l’extérieur en Asie, elle m’empêchait de dormir convenablement. Je me réveille sans arrêt, me retourne, ne dormant d’ailleurs que d’un demi sommeil. Cette nuit là, aussi trempé que sortant d’une douche, la chaleur dans la tente était insupportable. Comme pris soudain d’un malaise, j’essaie de m’évader de cette fournaise … Ouf, un peu de fraîcheur sur les pavés du perron où nous avions installés les tentes. Trop beau pour être vrai, nos amis les moustiques venaient de trouver une nouvelle proie. Je suis filé me mettre la tête sous l’eau avant de retourner dans la tente, où mon calvaire m’attendait…

Heureusement le lendemain nous nous dirigions vers Siem Reap, porte d’entrée vers le monde archéologique d’Angkor Wat regroupant par extension de nombreuses constructions datant de l’empire khmer du XIIe siècle. Je dis heureusement, car qui dit gros site touristique dit aussi auberge avec ventilateurs ! Arrivés sur les lieux en début de journée, nous en avons profité pour commencer notre visite. Benoît décida d’ailleurs d’acheter un livre sur le Cambodge pour s’improviser notre guide au milieu de ses ruines. C’est ainsi qu’il nous décrit les bas-reliefs représentants nymphes et sages.

Nous voyagions également au travers des légendes ancestrales comme le barattage de la mer de lait; combat mythique entre les hommes et les démons qui tirent chacun sur la queue d’un serpent gigantesque lui même enroulé sur une montagne qui repose sur une tortue ! Oui oui ! Pour couronner le tout, des nymphes nues chantent dans le ciel ce qui visiblement influença l’issue du combat ! Plongés dans cette fresque de plusieurs dizaines de mètres de long, on ne peut tout de même s’empêcher de sourire tant la scène est magique et un peu farfelue.

Nous avons continué notre visite sur deux jours. Nous sommes ainsi passés par des temples-montagnes arborant d’énigmatiques visages de pierre, des ruines retournées à mère nature à moitié prisonnières de racines gigantesques. Ces arbres ont d’ailleurs été dénommé « fromagers » par les colons français, pour la forme particulière de leur racine qui ressemble à des fromages qui coulent sur les murs. Sympathique !

Le sentiment d’exploration était à son comble lorsque après avoir atteint un endroit plus reculé dans la jungle, plus éloigné des itinéraires touristiques, renfermant une ruine complètement déserte. C’est au milieu des murs effondrés, que nous progressions silencieusement, ébahis par la magie de ces lieux.

Après quelques jours véritablement transportés dans des décors du livre de la jungle, nous avons repris la route en direction de Phnom Penh, la capitale du pays. Nous avons d’ailleurs décidé de quitter le grand axe au profit de plus petite routes campagnardes.

Comme à chaque fois, quelle plaisir de progresser de cette façon. La campagne s’offre à nous et c’est un délice de poser son regard, calmement, sur ce qui nous entour. La route est plus longue certes, puis se transforme très vite en chemin de terre difficilement praticable, mais ça nous change !

D’ailleurs, on fit la chouette rencontre d’un instituteur allemand qui travaillait à Phnom Penh la semaine et dans ce petit village le week-end ! 80 km entre les deux tout de même, respect ! Surtout quand vous savez l’état des routes… Visiblement, il était en pleine ébullition quand je suis arrivé. Le système éducatif n’est pas encore au top et surtout trop de corruption dit-il. Dure dure ça on le comprend bien, en tout cas chapeau !

Le soir même, Antoine et Benoît revêtirent leur casquette d’écolier et s’adonnèrent à l’apprentissage du cambodgien auprès de moines bouddhistes. Moi comme d’hab’, j’étais déjà couché, épuisé par l’accumulation de la fatigue due à la chaleur. Rétrospectivement, je suis quand même un peu déçu de louper ces soirées à cause de ça !

Lendemain : mal de tête, je me sentais faible, moral en chute libre,… Encore une nuit sans vraiment dormir ! L’accumulation est telle que cela devient très dure physiquement de continuer. Heureusement que je me savais dans une auberge avant midi, au frais !

D’ailleurs pour rentrer dans la capitale, l’allemand nous avait averti, la route était loin d’être une partie de plaisir. Beaucoup de trafic et surtout BEAUCOUP de poussière et de terre ! Plus de 40 km là dessus, quelle plaie. C’est vraiment, encore une fois, avec une allure de mineurs que nous sommes arrivés dans la ville. Aussitôt l’auberge trouvée, je file me rafraîchir et je m’étale sur le lit. Quel bien fou !

En ville, j’en ai profité pour changer mon roulement de pédalier complètement usé (il avait subi un choc récemment et se détériorait à vue d’oeil !).

D’ailleurs cette ville est une véritable jungle urbaine comme j’aimais le répéter ! Au carrefour, c’est à celui qui forcera le plus. Ce sont de véritables flots de motos qui se déversent dans les rues, anarchiquement, dans tous les sens les moteurs pétardent ! Nous ça nous faisait rigoler tellement ce bordel routier était incroyable. Je serais tenté de vous dire que l’auberge était une sorte de havre de paix pour nous, dans tout ce chaos. La rue n’était pas trop fréquentée mise à part les nombreux conducteurs de Tuk-Tuk qui y établissaient littéralement leur domicile (oui, il dorment même dans leur véhicule la nuit). L’auberge offrait un restaurant avec terrasse donnant sur la rue. Jusque là, sympathique non (excepté pour les chauffeurs…) ? Sauf qu’à Phnom Penh, la consommation d’électricité semble supérieure à la production. Alors souvent, c’est dans un vrombissement générale que les générateurs se mettent en route après les coupures de courant fréquentes. Au même instant, d’énormes pots d’échappement recrachaient leur fumée noire dans la rue et embaumaient les alentours avec ce si délicat parfum de combustion loin d’être parfaite ! Que de souvenirs !

On en profita aussi pour visiter le palais royal ainsi que la pagode d’argent, aux centaines dalles… d’argent !

De plus, comme ville rime maintenant avec visa, nous partions en quête de celui pour la Chine. Au moins, c’était très rapide, pas plus de 5 minutes à l’ambassade. Un bon « Non! Pas ici! » catégorique de la part de sœur sourire au comptoir, nous fit comprendre que c’était à Hanoï, au Vietnam, qu’il faudra régler ce détail administratif. Rapide je vous dis !

Finalement, c’est le dernier jour dans la capitale que nous avons rencontré notre ami Sébastien, cyclo belge parti aussi depuis un bon moment. Véritable phénomène à lui tout seul, c’est autour de bonnes bières qu’on éclatait de rire ou qu’on se remémorait nos galères de cyclos’. Une chose est sure, cela nous a fait un bien fou de partager nos aventures !

Nous sommes actuellement à Hanoï au Vietnam pour notre visa chinois (obtenu aujourd’hui! youhou !). Dans quelques jours nous mettrons le cap au Nord pour passer la frontière chinois, et passerons par les magnifiques rizières en terrasse du Nord.

A bientôt !

– Benjamin

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Vidéo du Pérou en ligne !

Nouvelle vidéo.

Pour vous faire patienter en attendant les nouvelles du Cambodge (on est d’ailleurs déjà au Laos pour le moment!), voici une petite vidéo de notre épopée au Pérou !

Régalez-vous (je l’espère) !

– Benjamin

Retrouvez les autres vidéos dans notre rubrique vidéos

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Thaïlande : un voyage au fil de l’eau

NOTE : Mise à jour des photos des hôtes et de la page statistiques.

Il y a une vingtaine de jours, c’est de la frontière thaïlandaise que nous approchions. Alors que, jusque-là, la route en Malaisie avait été parfaitement plate, il nous fallait franchir une petite côte pour atteindre la frontière. Ici, quand c’est plat, c’est tout plat, mais quand ça monte, ça monte sec ! Petit plateau, petite vitesse, et toute la force qu’on peut sur les pédales pour faire avancer notre lourd vélo. Après quelques kilomètres de cette manière, nous avons atteint la frontière en fin de journée. Cela n’a pas fait la joie des douaniers, pressés de fermer le poste, et qui nous l’ont bien fait comprendre… (ce n’était pas vraiment en accord avec le panneau affiché à quelques pas : « In Thaïland, we welcome people with a smile ») Quelques centaines de mètres plus loin, c’est un accueil tout à fait différent que nous recevions : en nous asseyant dans un petit restaurant, Thong Thaï, le restaurateur, s’adresse à nous dans un très bon anglais et semble très heureux de rencontrer des personnes venues de Belgique, une première pour lui. Après avoir mangé un excellent repas, Thong Thaï nous offre le thé, des fruits, d’utiliser ses toilettes et sa « salle d’eau » (la salle de bain locale, en gros une pièce avec un grand bac à eau, un petit récipient pour puiser l’eau de ce bac et un avaloir pour récupérer l’eau utilisée) et finalement de poser nos tentes sous le toit d’une annexe à sa maison. Merci à lui, car l’orage de cette nuit-là nous aurait sans doute fait prendre l’eau (l’imperméabilité de nos tentes commence à montrer quelques signes de vieillesse…).

Le lendemain matin, c’était vraiment parti pour les routes thaïlandaises ! L’accueil de la veille annonçait un voyage sous les meilleurs auspices, sentiment renforcé par le bon petit plat raffiné de Thong Thaï que nous avions savouré. Mais je m’arrête là concernant la nourriture, je ne vous parlerai pas autant de gastronomie que Benoît dans l’article précédent 😉 Sachez toutefois qu’on rigole souvent avec ça, en disant qu’un bon plat peut à lui seul suffire pour que Benoît passe une bonne journée ! A contrario, il faut aussi voir sa mine déconfite lorsqu’il reçoit quelque chose de différent de ce qu’il aurait aimé (par exemple, pour le petit déjeuner, une soupe avec quelques nouilles dans le fond en lieu et place d’un plat de nouilles sautées).

Depuis notre passage à Penang, nous nous étions dit qu’on ne pouvait pas passer en Thaïlande sans visiter au moins l’une de ses fameuses îles. Notre choix s’était arrêté sur Koh Samui et c’était donc là notre prochain objectif. Quelques journées à longer la côte Ouest, puis changement de trajectoire, pour aller vers la mer de Chine et longer la côte Est, en continuant à remonter toujours vers le Nord, direction Koh Samui. En suivant les côtes, nous avons droit à quelques très chouettes passages et paysages. Ainsi, le lever de soleil sur la mer, nous baladant sur une petite route très calme et très paisible, à quelques pas de l’eau, fait partie de ces moments d’exception vécus sur la route !

Tout comme en Malaisie, en Thaïlande aussi les « Hello » ont fusé à tout va, surtout sortis de la bouche des enfants. Et les sourires radieux ont continué à illuminer nos journées ! Les Thaïlandais nous ont souvent offert d’installer nos tentes dans leur jardin ou sous un toit, accompagné la plupart du temps par une petite boisson ou un petit biscuit. Ces accueils, toujours d’une extrême gentillesse mais avec une certaine distance, nous ont fort touchés.

Sur la route, régulièrement, étaient indiquées des chutes d’eau ou des grottes à visiter. Finalement, sur le conseil de quelques locaux, nous nous sommes décidés à aller voir une de ces grottes, une des plus belles de Thaïlande, paraît-il. Et effectivement, nous sommes contents d’avoir fait le crochet jusque-là. En fait, plus que la grotte en elle-même, relativement grande et assez belle, c’est surtout la manière d’y entrer et d’en sortir qui a été assez épique ! A trois sur une petite barque, accompagnés de deux guides, c’est par une sorte de rivière souterraine qu’on pouvait accéder à la grotte. Dans un premier temps, pour entrer dans la grotte, pas de problème, le petit trajet sur l’eau dans l’obscurité étant assez paisible et relaxant. Par contre, la séquence « sensations fortes » a eu lieu lors de la sortie de la grotte. En avançant dans le chemin choisit par les guides, eau et plafond se rapprochaient peu à peu. A un moment donné, les guides nous demandent de nous coucher sur les bancs de la barque, puis de nous aplatir de plus en plus et même d’enlever nos chaussures pour mieux aplatir nos pieds. Et c’était bien nécessaire : le plafond étant à certains moments tellement proche de nous que nous frottions un peu la roche, alors même que nos guides poussaient de toutes leurs forces sur le plafond pour enfoncer plus profondément la barque dans l’eau et la faire ainsi avancer sans que nous ne fassions mal avec le plafond. Voilà donc une petite aventure que nous retiendrons ! (et qui ne serait sans doute pas autorisée en Belgique, car il n’y avait pas intérêt à ce que l’eau monte de quelques centimètres de plus…)

Pour en revenir à la route, il n’a pas toujours été facile de quitter les axes principaux. Cependant, dès que nous l’avons pu, nous avons essayé d’emprunter des voies secondaires, ou même de nous orienter à la boussole sur les petits chemins parmi les rizières. Les innombrables canaux et différents bras de mer nous ont valu pas mal de détours et de kilomètres supplémentaires, mais c’est sans regret que nous les avons effectués (même si chaque demi-tour nous fait chaque fois un peu râler…). En effet, au milieu des rizières et de ces travailleurs avec sans cesse les pieds dans l’eau, c’est à une nouvelle belle rencontre que nous avons eu droit ! Alors que nous étions à la recherche d’un petit restaurant pour manger un bout en fin de journée, une (très) jeune fille arrête son scooter à quelques pas de nous afin de nous venir en aide, voyant que nous avions l’air un peu perdu. En fait, je devrais plutôt dire « un groupe de jeune fille », puisque c’est 4 personnes qui se trouvaient sur le scooter : la conductrice, Pond de son prénom (dont on saura plus tard qu’elle a 14 ans), deux passagères à l’arrière et un tout petit enfant dans un panier sur les genoux de la conductrice. Alors que nous commençons à communiquer en signe pour montrer que nous cherchons à manger, Pond nous répond spontanément en anglais « Turn right ». Surpris par cette réponse si rapide, nous ne pouvons que nous exécuter. Après être arrivés au bui-bui en question et nous être bien rassasiés, c’est un lieu où dormir que nous devions trouver. Nous nous adressons à nouveau à Pond et à sa cousine plus âgée, May, qui se trouvait là également, pour demander où pourrait-on planter nos tentes ? C’est finalement chez elles que nous sommes invités ! Quelques minutes plus tard, nous arrivons au beau milieu d’une grande famille, au moins une quinzaine de personnes, enfants, parents et grands-parents, et c’est très chaleureusement que nous sommes accueillis. Seuls Pond et May baragouinant quelques mots d’anglais, c’est essentiellement par gestes que nous nous présentons. Nous passerons toute la soirée dans l’ambiance joyeuse et inoubliable de cette famille nombreuse, à échanger rires et sourires, à présenter le globe terrestre gonflable pour montrer d’où l’on vient, à montrer quelques photos imprimées des différents endroits traversés au cours de notre voyage, à leur expliquer un petit jeu de société, et surtout à observer, subjugués, leurs discussions incessantes en thaïlandais ! Finalement, épuisés de notre longue journée, mais surtout heureux de cette rencontre et de cette belle humanité, nous nous endormons sur des nattes, dans la pièce principale de la maison, à deux pas des grands-parents.

Deux-trois jours plus tard, nous arrivions à l’embarcadère pour voguer en direction de Koh Samui. Une heure et demi de traversée en ferry et nous atterrissions sur l’île, accueillis par une fameuse drache ! Sur Koh Samui, nous avons pu profiter à souhait des magnifiques plages de sable fin et de la mer azur. Pas mal de plongeons au programme, dont une après-midi complète sur la plage, à se reposer et à jouer au foot avec la balle acquise pour l’occasion (et à nous croire plus fort que le soleil, qui a fini par nous donner quelques coups…). En plus de la mer et des belles plages, le centre de l’île regorge de charmantes cascades qui nous ont également permis quelques petites baignades ! Les deux journées consacrées à faire le tour de l’île étaient donc sous le signe de la détente, à l’image de la petite bière sirotée face à la mer pour profiter encore mieux du magnifique coucher de soleil 🙂

Ensuite, ferry dans l’autre sens, une journée de vélo jusqu’à la gare la plus proche, suivi d’un train de nuit, histoire d’arriver à Bangkok dans les temps pour respecter notre planning. Au moment d’acheter nos tickets de train, 3 possibilités s’offraient à nous : 1ère, 2e ou 3e classe. C’est pour l’option la plus économique, et la plus « folklorique » !, que nous avons opté. Notre nuit n’aura pas été très reposante, mais l’atmosphère de ce wagon restera gravée dans nos mémoires. Au milieu des Thaïlandais – et de leurs marchandises –, assis sur des banquettes très rigides et sans place pour mettre ses jambes, fenêtres et portes du train grandes ouvertes pour avoir un peu d’air et avec des vendeurs rythmant la nuit en passant tous les quarts d’heure, criant à tue-tête le nom de leur produit, voilà à peu près l’ambiance de ce voyage en train !

A Bangkok, nous avions à nouveau une série de choses pratiques à faire : demande de visas (Cambodge, Laos, Vietnam), réparation des vélos (toute la « transmission », c’est-à-dire la chaîne, les plateaux à l’avant et les pignons à l’arrière, étant trop usés chez Benoît et moi, Antoine, il a fallu les remplacer) et, finalement, mise à jour du site, bien entendu ! 😉

Mais nous voulions aussi profiter de notre passage à Bangkok pour visiter quelques sites d’intérêt touristique et pour prendre l’ambiance de différents quartiers. Le quartier des affaires, avec les grosses avenues, les grands buildings et les centres commerciaux, nous ne l’avons que trop visité en y venant plusieurs fois à vélo pour aller aux ambassades… Pas très agréable, tellement encombré, pollué par les gaz d’échappement et avec ses buildings et ses « mall » (prononcé à l’anglaise) commerciaux à taille inhumaine. Notre seul petit amusement constituant à se faufiler entre les voitures et à les dépasser lorsqu’elles sont bloquées dans les embouteillages (c’est-à-dire environ les ¾ du temps). Par contre, nos passages dans des quartiers plus traditionnels, à déambuler entre les échoppes au milieu du marché, à se faufiler dans les petites ruelles, à longer les canaux, à profiter du calme des temples, ont été des moments vraiment agréables. Et notre visite du grandiose palais royal, avec le fameux Wat Phra Kaeo (un temple grandiose, couvert d’or) en son centre et l’ensemble des somptueux temples et autres bâtiments tous plus éclatants les uns que les autres nous a permis d’en prendre plein la vue (et de prendre plein de belles photos, souvent sur « conseil » du sympathique petit guide qui nous a fait la visite). Enfin, notre tour en bateau à moteur sur les canaux de la ville – Bangkok est parfois appelée » la Venise de l’Est » en raison de ses innombrables canaux – fait partie de ces bons moments passés à Bangkok !

Malheureusement, aucun de nous trois n’est expert en négoce, et presque tout ici se marchande. De plus, les Thaïlandais ont été experts dans les frais supplémentaires ajoutés à la dernière minute, frais que nous avons parfois dû contester pour ne pas nous sentir roulés. Tous ces marchandages n’ont pas toujours été négociés au mieux et cela nous a parfois causé quelques petites tensions. Difficile, en effet, de se mettre rapidement d’accord sur un montant qu’on veut bien donner pour telle ou telle dépense, ni de savoir comment s’y prendre pour obtenir le prix qu’on souhaite. Mais, à présent, on commence petit à petit à s’en sortir mieux et à s’accorder à trois plus rapidement pour négocier convenablement 😉

Après ces petites aventures et découvertes citadines, retour dans la campagne pour quelques dernières journées de route avant d’arriver au Cambodge. La chaleur, toujours aussi importante, devenait encore plus difficile à supporter en s’éloignant de la mer… Comment arriver à s’en accommoder ? Partout sur la route, on trouve des petits magasins, avec souvent un bac-frigo contenant généralement un bloc de glace entouré de quelques cannettes de boissons diverses. La glace est d’ailleurs une véritable industrie ici, on ne comptait plus les camions et mobylettes transportant de grands blocs qu’ils revendent aux petits commerçants pour refroidir leurs bacs-frigo ou pour en faire des petits glaçons à mettre dans les verres. Mais les boissons fraiches, prises çà et là en cours de journée, n’apportent qu’un cours moment de réconfort. Ainsi, c’est dans une transpiration incessante que nous vivions… Incessante la journée, mais tout aussi importante la nuit ! Pour s’endormir, c’est loin d’être agréable que de sentir les gouttes perler de tous les pores de notre peau et d’être couchés dans une véritable flaque de transpiration, sur notre matelas…

Heureusement, le souvenir de ces jours de voyage ne se limite pas à cette chaleur accablante. Plusieurs fois, nous avons réitéré l’expérience de demander l’accueil dans des temples bouddhistes. Nous avons toujours été bien accueillis, et quelques moines parlant parfois anglais, cela nous a permis de converser sur la philosophie bouddhiste, sur leurs parcours, sur la Thaïlande ou sur le monde. Nous avons même eu droit à un petit cours de méditation (cours donné par un moine parlant de manière rapide et survoltée, un comble pour nous apprendre la méditation !), ainsi qu’à une petite interview sur la radio bouddhiste locale ! En tout cas, l’accueil, le calme et la sérénité de ces temples bouddhistes a toujours été réellement agréable et très relaxant.

Avant de finir avec ce chapitre thaïlandais, une dernière petite anecdote qui nous renvoie à notre chère Belgique ! Au fin fond de la Thaïlande, alors que nous roulions sur une route de taille moyenne, sans caractéristique particulière, nous voyons peu à peu fleurir çà et là quelques drapeaux belges le long de la route. Plus nous avançons et plus les drapeaux deviennent fréquents, pour finalement devenir une véritable allée de drapeaux belges, accompagnés de portraits géants de la Princesse Mathilde lui souhaitant la bienvenue. Benjamin et Benoît ont alors continué à suivre les drapeaux jusqu’à un grand chapiteau garni d’innombrables banderoles noir-jaune-rouge. Là, après s’être présentés, on leur a expliqué que la Princesse viendrait visiter le lieu 2 jours plus tard, pour avoir une présentation sur la culture du riz dans cette région. Voilà donc une bien belle manière de clôturer notre passage en Thaïlande, en quittant le pays avec cette petite touche de Belgique en tête 🙂

A l’heure où nous publions cet article, nous voici déjà à Ho Chi Minh ville, au Vietnam, après avoir traversé le Cambodge d’Ouest en Est ces derniers jours. Notre traversée du Cambodge vous sera contée dans un très prochain article !

– Antoine

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Mise à jour photos et vidéo !

Mise à jour : Brève nouvelle pour vous annoncer que la vidéo (en deux parties) de la Bolivie est enfin terminée ! Les photos de la Malaisie et de la Thaïlande sont également disponibles dans la rubrique photos.

Retrouvez les autres vidéos ici !

A très bientôt

– Benjamin

 

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Premiers coups de pédale en Asie : l’aventure continue !

Ouf ! après 40 heures passées entre avions et aéroports, nous voilà enfin arrivés au terminal de Kuala Lumpur, certes pas très frais, mais heureux d’être là. Notons tout de même que nos vols nous ont fait franchir la ligne de changement de date, nous faisant subitement passer du 12 au 13 février.
Globalement, le survol du Pacifique s’est passé sans encombre. Le seul véritable incident concerne notre transit aux Etats-Unis. A l’aéroport de San Francisco, à notre grande surprise, nos cartons si précautionneusement emballés durent être ouverts pour être soumis à une fouille rapide. C’est le protocole, à ce qu’on nous dit, et pas moyen d’y couper. Quoique, deux coups du cutter un peu trop enjoués entaillèrent tout de même la selle d’Antoine. Petit souvenir du pays…
En dehors de ce léger problème, aucun stress. D’ailleurs, pour ce genre de vol longue-distance, tout est prévu par les compagnies pour assurer le confort du voyageur tout en lui offrant un large panel de services (divers en-cas et boissons) et autres distractions (grande gamme de films, musique, jeux, documentaires, …) dont ne nous sommes pas privés. Ainsi, nous n’avons pas hésité à commander une fois ou l’autre un petit verre de vin ou de whisky pour nous aider à piquer un somme. Pour ma part, me sentant en manque de films depuis un bon moment déjà, j’ai profité de l’occasion pour me rassasier en en visionnant pas moins de 6. Autre anecdote rigolote : les hôtesses, amusées par notre ressemblance, nous ont souvent demandés si nous étions frères.

Après toutes ces heures passées dans les airs, nous atterrissons enfin sur le sol asiatique pour entamer nos nouvelles aventures. Nous voilà à peine débarqué dans le terminal que nous sommes déjà confrontés sans que l’on s’y attende au gigantisme de certaines constructions malaises récentes : l’aéroport est si grand que nous devons prendre une sorte de train pour aller récupérer nos bagages. Pas de perte ni de casse à déplorer de ce côté-là, ce qui nous soulage grandement car nous craignions que nos cartons ne tiennent pas le coup suite à leur ouverture prématurée aux States. Re-ouf. Pour la deuxième fois du voyage, nous nous offrons en spectacle aux passants, dans un coin près de l’entrée, pour le déballage des cartons et le remontage des vélos, ce qui attire quelques curieux qui viennent nous parler. Une fois cette petite besogne accomplie, il s’agit maintenant de nous renseigner sur le chemin à suivre pour rejoindre le centre-ville, qui ne se trouve qu’à …70 km de là ! Ha. Nous ne nous y attendions pas, à celle-là. Nous cherchons un moyen de transport alternatif, sans succès. Nous fûmes donc contraints de nous en aller sur la seule et vilaine speedway pouvant nous mener à bon port. Sur un très court tronçon, nous nous sommes même vus obligés de rouler sur la bande d’arrêt d’urgence de l’autoroute. Heureusement, les voitures n’y roulaient pas aussi vite que chez nous. D’ailleurs, voici l’un des premiers changements notoires pour nous : les voitures roulent à gauche, reliquat de la colonisation anglaise passée. La faune et la flore, pour le peu qu’on en voit, change aussi : nous apercevons des petits singes gris qui se balancent dans le haut des arbres et des oiseaux aux couleurs vives, éclatantes.

La nourriture, quant à elle, est devenue nettement plus épicée. Ainsi, nous ferons quelques expériences culinaires un peu trop fortes pour nos palais délicats. Une fois, je ne pus manger que mon riz blanc sans rien toucher au reste, sous peine de me bruler la langue en étouffant à moitié (j’exagère à peine). Une autre, Benjamin passa son repas à boire de l’eau, pleurer et manger sans plus rien sentir d’autre qu’un feu inextinguible dans sa bouche. Malgré ces quelques épreuves que l’on peut presque légitimement appeler « baptême de feu », nous nous délectons de cette cuisine savoureuse et relevée.
Cependant, de toutes les nouveautés, c’est le climat qui constitue le changement le plus radical pour nous. En sortant de l’aéroport, nous quittons la fraicheur de l’air conditionné pour être frappé de plein fouet par l’air chaud et humide caractéristique des régions tropicales. Nous en avions eu un aperçu avant notre visite du Machu Picchu, mais ce que nous expérimentons là est encore plus accablant et l’on ne s’y habitue pas (ou alors, pas très vite). Heureusement, nous quitterons un peu cette moiteur en remontant vers le Nord, où l’air sera un peu moins humide. Dans ces contrées tropicales, l’année bat au rythme de deux saisons : la saison des pluies et la saison sèche. Nous sommes présentement dans la saison dite « sèche », appellation que nous trouvons abusive puisque nous avons eu droit à quelques bonnes draches ! ll ne pleut pas tous les jours, mais quand il pleut c’est bref et intense, et inutile de chercher à mettre l’imperméable : on est trempé avant de l’avoir trouvé.

Bref, nous quittons donc l’aéroport pour longer des grands-routes peu enchanteresses en direction de Kuala Lumpur. Dans le courant de l’après-midi, nous finissons par rallier- en sueur – Putrajaya, ville aux allures futuristes qui me rappelle certaines de mes lectures SF d’adolescent.

Chacun de nous trois ressent quelque chose d’étrange à évoluer au sein de ces larges boulevards qui, au moment où nous les traversons, sont complètement déserts. Visiblement, nous sommes dans le quartier des affaires, et en dehors des bâtiments dédiés au business, il n’y a strictement rien. Nous avons l’impression de rouler dans une ville fantôme du futur, ce qui est plutôt déconcertant comme premier contact avec une cité asiatique. Nous croisons tout de même quelques personnes sur notre route. La plupart des femmes rencontrées portent le voile, voire le niqab ne découvrant que les yeux. Il faut savoir que la Malaisie est le seul pays d’Asie du Sud-Est ayant pour religion majoritaire l’Islam. Ceci explique les quelques jolies mosquées que nous avons déjà pu observer depuis l’entrée dans la ville.
Ce soir-là, par un heureux concours de circonstances, un membre de CouchSurfing [1] que nous avions contacté quelques jours plus tôt est venu nous rejoindre pour nous expliquer comment aller à son appartement pour y loger. C’est ainsi que nous avons séjourné une petite semaine chez Quintine. Par son entremise, nous avons eu droit à une petite sortie nocturne dans le centre-ville de la capitale, un repas nigérian cuisiné par ses soins et partagé en compagnie de ses amis, une pizza-party, et une foultitude d’autres petits services rendus. Sans compter que durant notre séjour chez lui, d’autres voyageurs sont venus à leur tour dormir dans son appartement (nous fûmes même 7 à un moment !).
Notre séjour à Kuala Lumpur fut malheureusement plus d’ordre pratique que touristique. Nous avions en effet à nous procurer notre visa pour la Thaïlande, le premier d’une longue série. En outre, Antoine avait un problème avec son boitier de pédalier qu’il nous fallait régler. Pour finir, nous devions également racheter un nouvel ordinateur et faire toute une série de choses dessus, ce qui nous demanda un temps fou. Nous disposions donc de fort peu de temps pour visiter les lieux, mais nous ne pouvions manquer de faire un tour du côté des Petronas Tower, les tours jumelles les plus hautes du monde. Culminant à 450 mètres, celles-ci sont un symbole fort de la volonté de la Malaisie à devenir un pays moderne et développé, à l’image de la futuriste Putrajaya ou du colossal aéroport international de Kuala Lumpur.

Une fois prêts à reprendre la route pour de bons, nous quittons la capitale avec allégresse. Il faut dire que cela faisait presque deux semaines que nous ne pédalions plus, et si nos chers bicyclettes nous manquaient beaucoup, nous en avions surtout marre d’être bloqués en ville à passer nos journées aux préparatifs de la suite du voyage.
Sur nos cartes comme sur le terrain, nous nous rendons vite compte qu’il nous sera difficile de quitter les grands axes pour évoluer dans la rase campagne. Pourtant, dès que possible, nous tentons l’aventure et empruntons des petites routes, sinuant dans des palmeraies ou longeant des cours d’eau. Bien souvent ces tentatives se finissent au fond d’un cul de sac. Mais parfois, cela en vaut tellement la peine ! Comme quand nous avons longé la mer pour assister à un splendide coucher de soleil depuis nos tentes, au bord de l’eau. Ou encore quand nous nous sommes perdus dans la jungle et qu’Antoine a vu un crocodile. Sans compter une petite pause sur une plage de sable pour aller faire trempette dans une eau laiteuse. Les bicoques qui bordent ces petites routes ont un charme désuet, on y respire le calme des petits villages. Quitter les routes principales nous fait facilement parcourir le double de la distance à cause des zigzags. Mais cela ne nous dérange pas : nous préférons mille fois jouir de la route en faisant des détours plutôt que d’avancer comme des machines sans profiter du paysage en traçant tout droit. Notre choix est fait : quand on peut, on zigzag. Cette décision implique qu’il nous faudra prendre davantage de bus et de trains d’ici notre retour, car le temps nous manquera pour tout faire à vélo. Après avoir recalculé notre itinéraire, nous prenons conscience de ce que nous avions déjà pressenti depuis un petit moment déjà. A savoir qu’il nous faudrait plusieurs mois de plus pour tout faire à vélo, même en faisant la Chine en train et la Russie dans le transsibérien. Il s’agira pour nous de prendre des moyens de transport alternatifs à des moments judicieux pour éviter de se trouver acculer à zapper une grosse part du voyage d’une seule traite vers la fin. Nous faisons ainsi le choix de la diversité : tenter de passer autant de temps dans chaque pays, pour s’assurer plus de variété dans ce que nous pourrons voir. En outre, notre philosophie de voyage reste inchangée : nous voulons profiter de ce qui s’offre à nous, jouir un minimum des rencontres que l’on fait, plutôt que de ne faire qu’avaler les kilomètres dans le seul but d’avancer. Cela nous laisse plus flexibles et nous permet d’accueillir les imprévus à bras ouverts. Toutes ces réflexions, qui peuvent sembler si évidentes présentées de cette manière, non pas été si simples et ont menés à quelques discussions sérieuses sur le sujet. Finalement, puisque nous partageons la même vision du voyage, nous tombons assez vite d’accord sur la façon de faire.

Autre changement par rapport à l’Amérique du Sud : la question du bivouac. Généralement, dans ces régions, il est assez dur de trouver un bon endroit pour planter nos tentes en fin de journée. En ville, les coins de verdure manquent. En campagne, la végétation est si luxuriante qu’il en devient difficile de trouver assez de place pour y caser nos tentes. Sans compter qu’il ne vaut mieux pas trop s’avancer en pleine nature : tout le monde nous met en garde contre les serpents, les araignées et autres cochons sauvages qui pourraient causer des problèmes aux touristes en short et en sandales que nous sommes. Le nombre de serpents (surtout écrasés, mais aussi vivants) que nous croisons sur la route a déjà de quoi dissuader de faire un pipi nature un peu trop éloigné. Fini, les spots perdus au milieu de nulle part, sans danger, et demande d’autorisation préalable. Heureusement, nous pouvons compter sur l’hospitalité des Malais, qui ne voient généralement aucun inconvénient à ce que l’on installe nos tentes dans leur jardin ou leur cour. Nous pouvons également nous tourner vers les temples bouddhistes dont les moines ne refusent jamais de nous accueillir.

Puisque je parle des Malais, j’en profite pour les décrire plus amplement. De tout notre voyage, nous n’avons pas croisé de personnes plus souriantes et aimables. Chaque journée se ponctue de dizaines de « Hello » lancés de toutes parts, par petits et grands, avec un grand sourire jusqu’aux oreilles. Cela pourrait lasser, voire agacer, mais ils le crient avec une telle jovialité que je ne peux que répondre de la même manière, de bonne humeur. Les Malais sont aussi très curieux sur nos origines et notre destination, et ça les fait toujours bien rire d’apprendre que la réponse à ces questions est la même. Ils sont également très serviables, et pressés de nous aider ou de nous offrir des « cadeaux », souvent avec discrétion et humilité, sans rien demander en échange et se retirant vite pour nous laisser notre intimité. Ainsi, plus d’une fois, nous avons eu droit à de petites attentions qu’il était impossible de leurs refuser sous peine de les froisser tant ils insistaient à ce qu’on les prenne : café, beignets, repas entier offert, sodas, biscuits, et même du dentifrice multifonction pouvant soigner l’acné et les piqûres d’insecte ! Pourtant, si nos relations avec eux sont riches et pleines d’humanité, la communication n’est pas toujours des plus aisées. En effet, l’anglais est bien parlé par presque tout le monde dans la capitale, mais ce n’est pas le cas des petites villes plus éloignés. Nous avons donc dû sortir notre imagier du fond de nos sacoches pour accompagner nos mimes d’images. En plus d’être souvent drôle à utiliser, ce petit livret nous est parfois terriblement pratique quand les mots manquent pour nous faire comprendre. Notre carte du monde et notre globe gonflable ont également agrémenté l’une ou l’autre soirée. Quant à la nourriture, quand il est impossible de demander quoi que ce soit verbalement, nous commandons en choisissant au hasard un plat que l’on montre du doigt sur la carte. Cette méthode nous réserva plus de bonnes surprises que de mauvaises. C’est comme cela qu’une fois, on s’est retrouvé avec des pattes de poulet dans notre soupe ! Pas spécialement mauvais, mais beaucoup de chipotage avec les cartilages.

En réalité, nous nous sommes rendu compte après coup que tous ces changements avaient induits un sensible décalage dans le déroulement de nos journées par rapport à l’Amérique du Sud. Ici, en Asie, nous nous couchons plus tôt pour nous lever plus tôt, nous roulons plus (90 km/j en moyenne) et nous ne cuisinons jamais. Nos seules courses se limitent dorénavant à celles du petit-déjeuner et des en-cas entre les repas. En effet, nous trouvons des bui-bui, gargottes, vendeurs ambulants et autres petits restaurants absolument partout, et on y mange généralement très bien et assez pour 1,5€, boisson comprise. Voici une petite description de ce que l’on peut trouver dans ce genre d’endroit. Le plat de base, le nasi goreng ou riz frit, se décline en plusieurs variantes et est toujours délicieux. Autrement, la formule classique consiste en un choix varié de différents plats, la plupart en sauce, dont le poisson est une constante. Les plats sont maintenus tièdes par un léger chauffe-plat. La boisson la plus commune est un thé au lait appelé le té tarik, signifiant « thé allongé », en lien avec la manière de le servir en levant la carafe (ce que, honnêtement, nous n’avons jamais vu faire, mais bon, ne chicanons pas). Comme la plupart des boissons (thé classique, café), on le sert chaud, et on peut le demander glacé. Le cas échéant, on y ajoute une poignée de glaçons pour refroidir le liquide fumant, et c’est plutôt bon !

Je disais également que nous roulions plus. Cela s’explique facilement et de plusieurs façons. Premièrement, nous commençons nos journées relativement tôt (levé à 5h30) pour commencer aux premières lueurs de l’aube. Ensuite, les routes sont toutes plates, ce qui nous permet de conserver une bonne vitesse moyenne, impossible à tenir dans les montagnes andines. Pour finir, nous récupérons le temps que nous consacrions auparavant à la cuisine. Après le repas du soir, il nous reste juste à trouver un endroit où monter les tentes. Tout cela modifie quelque peu les habitudes prises au cours des mois précédents. D’autant qu’une fois les tentes montées, nous nous faisons attaquer par les moustiques qui nous y chassent. Enfin, nous ne tardons pas à vite nous coucher, la chaleur restant pesante même la nuit, et empêchant de glandouiller à trois dans la tente, voire même seul. C’est donc avec les bruits des animaux nocturnes, nous faisant parfois croire en pleine jungle par leurs cris, que nous nous endormons après une bonne journée de route. Voilà comment notre nouvel environnement nous a poussés à adopter un rythme légèrement décalé de celui que nous avions avant.

Nous cheminons ainsi vers le Nord, petit à petit. Notre prochaine halte s’appelle Penang, île de la côte Ouest de la péninsule. Destination touristique très prisée, nous nous y rendons pour rencontrer des connaissances à la famille d’Antoine. Une fois de plus, nous eûmes droit à un superbe accueil de la part de Michel, Aldina et Maxime. En plus de leur hospitalité remarquable à tout point de vue, ils furent pour nous des guides avertis, nous offrant une visite de certains points clefs tout en nous éclairant sur l’histoire et la culture malaise par leurs connaissances. La cerise sur le gâteau : un petit déjeuner de rois, avec fruits frais, muesli, yoghourt maison, crêpes ET speculoos à tartiner, petite part de Belgique emportée à l’autre bout du monde, pour le plus grand plaisir de nos papilles. Comme toujours après un tel accueil, c’est avec un mélange de regret (de partir) et de joie (d’avoir fait une si belle rencontre) que nous nous remettons en chemin.

A l’heure où je vous écris, nous sommes à Bangkok, et nous nous approchons à grand pas du Cambodge. La Thaïlande nous a apporté d’autres belles rencontres, son lot d’aventure (notamment par la visite d’une île et un long voyage en train de nuit en troisième classe, plutôt épique) et une flopée de belles petites routes campagnardes et bucoliques. Comme ce récit commence à devenir long, je laisse le soin à l’un de mes comparses de vous conter ce second chapitre asiatique.

A bientôt pour la suite 🙂

Benoît

[1] A l’adresse de ceux qui ne savent pas ce qu’est CouchSurfing, voici une petite explication. Ce nom désigne une communauté de membres, qui peuvent se proposer d’héberger gratuitement des voyageurs chez eux, ou inversement, chercher à loger chez des gens, et ce partout dans le monde. Pour plus d’informations, je vous invite à consulter leur site web, très détaillé : http://www.couchsurfing.com

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Oxfam-Solidarité, toujours au coeur de notre projet !

Alors que nous voici bien arrivés en Asie, il y a quelques semaines, pour la suite de notre périple, nos rencontres avec les partenaires locaux d’Oxfam-Solidarité approchent à grands pas ! C’est l’occasion de vous rappeler notre soutien à cette ONG dans le cadre de notre voyage. Si vous le souhaitez, il est toujours temps de vous renseigner plus au sujet de cette organisation et à (encore) la soutenir si vous le désirez 😉

Après 4700 km parcourus en Amérique du Sud, nous projetons d’effectuer 5000 nouveaux km à vélo en Asie. Pour le parrainage au kilomètre, à concurrence de 1 cent au kilomètre, cela fait donc 50 € pour Oxfam.

Par ailleurs, nous relançons votre esprit joueur en vous rappelant que les paris quant à la distance totale que nous parcourrons à vélo et quant à notre vitesse moyenne sont toujours ouverts. La date limite pour les paris sur la distance totale est fixée au 30 avril, ne trainez donc pas pour faire vos pronostics !
A cela, nous ajoutons un nouveau pari : le nombre total de rustines que nous aurons dû utiliser pour l’ensemble du voyage 🙂  Pour les plus « suiveurs » d’entre vous, sachez que cette statistique n’a plus été mise à jour sur le site depuis le Chili.  Mais oui, le nombre augmente toujours… !
Pour seulement 5€, de l’Orval et des souvenirs exclusifs de notre voyage à gagner !

Enfin, il n’est pas encore trop tard pour nous commander des cartes postales ! A ce sujet, toutes les cartes « souscrites » pour l’Amérique du Sud ont normalement bien été envoyées. Si elles ne vous étaient pas bien arrivées, faites-en nous part et nous rectifierons le tir. Effectivement, nous avons constaté certains dysfonctionnements avec la poste sud-américaine… (et il est par ailleurs possible qu’il y ait eu un oubli de notre part ou du recensement des virements par Oxfam)

Encore un tout grand merci à tous les généreux donateurs, qui, ensemble, ont déjà permis de récolter plus de 4200 € pour Oxfam-Solidarité !

Antoine, Benjamin et Benoît

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Le Machu Picchu clôture en apothéose notre voyage sud-américain !

NOTE : Mise à jour des photos de Bolivie et du Pérou.

Après nous être remis de nos émotions, nous avons décidé de ne plus trop nous morfondre pour le vol de notre ordinateur.  Après tout, on a une chance folle de pouvoir voyager et d’autant plus de pouvoir partir pendant plusieurs mois, en étant sur les routes à vélo, à la découverte de continents et de cultures différentes et variées !  La perte de cet ordinateur n’est que bien peu de chose par rapport à tout cela.  L’ordi n’avait pas une valeur très importante (d’ailleurs, si notre voleur ne s’y connait pas fort et sans avoir le chargeur  – qui est resté dans notre sac –, difficile sans doute pour lui d’en tirer grand-chose à la revente).  Et puis, heureusement, la plupart de nos photos étaient sauvegardées sur les cartes mémoires de nos appareils ou sur clef USB.  La meilleure chose à faire était donc de repartir positivement pour profiter pleinement de la suite du voyage !

A présent, nous avions un nouvel objectif en tête : la visite du célèbre Machu Picchu !  Pour cela, il fallait nous préparer pour la véritable petite « expédition » qui nous attendait.  Bien sûr, les voies d’accès sont maintenant bien plus facile qu’à l’époque des Incas, au 15e siècle, ou que lors des redécouvertes du site à la fin du 19e et au début du 20e siècle.  Cependant, étant donné qu’il n’y a pas vraiment d’accès facile prévu pour les voyageurs à vélo, il fallait nous renseigner un minimum.  En ayant reçu les infos de compagnies organisant des tours pour aller visiter le Machu Picchu et en ayant trouvé sur internet les conseils de plusieurs cyclistes, nous avons planifié notre expédition.  Habituellement, les touristes se rendent au Machu Picchu en bus, puis en train pour les derniers kilomètres, avec parfois une partie à vélo et à pied pour les plus aventureux.  Pour notre part, il nous faudrait trois jours de vélo puis une journée de marche pour arriver à Aguas Calientes, le « village du Machu Picchu », se trouvant au pied de l’ancienne cité inca.

D’abord, il nous fallait quitter Cusco.  Comme d’habitude, les sorties de grosse ville ne sont jamais les routes les plus marrantes, au milieu du flot de voitures et de bus et dans les gaz d’échappement.  Comme lors de notre sortie de La Paz quelques semaines plus tôt, c’est à nouveau à une longue montée que nous avons dû faire face pour sortir de Cusco.  Parfois, la pente des rues empruntées était vraiment vertigineuse, nous obligeant à être sur le plus petit développement, en danseuse, et à nous arrêter sur le bord de la route en fin de montée pour reprendre notre souffle (et faire se calmer notre cœur !).  Une fois sorti de la ville, c’est sur une route assez agréable, au milieu des champs, que nous évoluions.

En chemin vers le Machu Picchu, nous avions décidé de visiter également plusieurs autres vestiges incas.  En premier lieu, c’est par les salineraies de Maras que nous sommes passés.  Ces constructions en terrasse servaient aux incas à récolter du sel à partir de sources d’eau salée.  En faisant passer l’eau d’un bassin à l’autre et en la laissant s’évaporer, on obtient en fin de compte du sel à l’état solide.

Après avoir observé ce spectacle surprenant depuis la hauteur, il était temps pour nous de trouver un endroit où dormir.  C’est face à un paysage grandiose, mêlant montagnes aux sommets enneigés, prairies d’un vert éclatant et forêts sombres, tout ça renforcé par la splendide lumière du soleil au crépuscule, que nous avons planté notre tente !

Le lendemain matin, un second site archéologique nous attendait : Moray.  Au sein de grandes combes, les incas ont fabriqués des structures faites de la superposition de larges terrasses circulaires.  La fonction de ces constructions n’est pas encore parfaitement définie.  Bien que ça puisse faire sembler à un site de cérémonies religieuses, presque à un site extraterrestre, il semblerait que c’était en fait un lieu d’expérimentation botanique pour les incas.  La structure en cuvette ayant pour conséquence que chaque niveau de terrasse possède des conditions différentes de température et d’humidité, cela permettait de trouver les conditions optimales de croissance de plantes variées.  En plus de cela, par croisement et sélection, les incas ont peut-être pu obtenir de véritables « améliorations génétiques » pour avoir les plantes les plus productives possibles.  Toujours est-il que ce site nous a marqué par son ingéniosité et sa taille, d’autant plus impressionnante en descendant au cœur de ces structures.

Par la suite, après plus de 1000 mètres de dénivelés descendus par un chouette petit chemin sinueux vers la vallée en contrebas, c’est à Ollantaytambo que nous avons admiré d’autres vestiges encore.  Accrochées à flanc de montagne, nous n’avons contemplé ces constructions pluri-centenaires que de loin, devant continuer notre avancée vers le Machu Picchu pour être dans les temps.  A présent, c’est à une nouvelle longue ascension que nous faisions face.  Tout d’abord, 16 kilomètres de montée sur une route dont les lacets semblaient interminables, dans un environnement très boisé et très vert et sous une pluie ininterrompue.  Puis, le lendemain matin, 21 kilomètres de grimpette supplémentaire jusqu’au col d’Abra Malaga, à 4316 mètres d’altitude.

Au sommet, il faisait assez froid, et avec la descente qui nous attendait nous nous sommes habillés chaudement : pantalon, gants, grosse veste, bonnet, etc …  Trois heures plus tard, après 76 kilomètres de descente et 3100 mètres de dénivelés négatifs, c’est dans un environnement presque tropical que nous avons atterris !  Finalement, c’est en short, t-shirt et sandales que nous avons terminé la descente 🙂

En cours de descente, nous avons dû nous arrêter pour remplacer les patins de frein de Benjamin, car l’usure excessive de ceux-ci et l’inefficacité du freinage en résultant lui a valu une petite frayeur : dans un tournant serré et alors que la route se rétrécissait, nous sommes arrivés tout droit face à un camion occupant toute la largeur de la route (mais heureusement presque à l’arrêt).  Mes freins, serrés à bloc, m’ont permis de m’arrêter à temps, mais il n’en a pas été de même pour Benjamin qui a percuté l’arrière de mon vélo et s’est retrouvé couché sur le macadam…  Plus de peur que de mal, mais un bon rappel à l’ordre quant à la prudence et l’attention nécessaire à chaque instant !

A Santa Maria, en bas de cette vertigineuse descente, changement de route et de direction pour remonter une autre vallée, vers le Machu Picchu.  Au sein de cet environnement très différent de tout ce qu’on avait vu jusqu’à présent, dans un climat tropical et au beau milieu d’une végétation luxuriante, c’est une petite route de pierre et de terre que nous empruntions.  Remontant une large rivière serpentant au fond d’une vallée très encaissée, ce chemin étroit, sinueux et longeant par moment un haut précipice, ne nous rassurait qu’à moitié. Mieux valait ne pas trop regarder en bas pour ne pas être pris par le vertige…  Après quelques heures sur cette route, nous avons trouvé un tout petit coin de sol plat pour poser nos tentes.  Cet endroit assez incroyable, surplombant une impressionnante rivière et au milieu d’une végétation très dense, est certainement un des « coins dodo » parmi les plus mémorables de notre voyage ! (mais qui ne sera malheureusement pas présent dans nos albums photos)

Le lendemain matin, nous atteignions Santa Teresa.  A présent, interdiction formelle de continuer à vélo.  Il faudrait continuer la route à pied et laisser nos vélos sur place pour quelques jours (nous avons trouvé une petite auberge à cet effet).  C’est sac au dos que nous avons marché durant quelques heures, longeant la même rivière que la veille, toujours aussi bruyante, bouillonnante et d’une puissance impressionnante !

Les derniers kilomètres sont effectués le long d’une ligne de chemin de fer jusqu’à arriver à Aguas Calientes, village touristique par excellence.  Après avoir délié notre bourse pour acheter les tickets d’entrée, c’est de bonne heure que nous avons été nous coucher, de manière à être en forme pour la longue journée qui nous attendait le lendemain.

Réveil à 4 h, départ à 5 h 30.  Après une bonne heure de marche, dont 40 minutes de montée ininterrompue et réalisée au pas de course, dépassant tous les autres touristes, nous étions devant les portes du site.  Après une rapide première vue du site et 2 – 3 photos, nous avons choisi de directement monter jusqu’au sommet de la montagne Machu Picchu (Machu Picchu signifiant « vielle montagne » en quechua, ndlr).  Malgré l’abondance de touristes dans ce lieu extrêmement visité, nous avions un peu l’impression d’être seuls au monde, en étant les premières personnes de la journée à gravir cette montagne (que peu de touristes escaladent).  Arrivés au sommet, la vue plongeante sur le site était vraiment sublime.  Entouré de hautes montagnes et de profondes vallées, le Machu Picchu semble perché à un endroit improbable, sur une petite crête quasiment inaccessible et presque invisible depuis le fond de la vallée.  Avec les nuages remontant par vagues depuis la vallée, la cité inca disparaissait par moment dans les nuages, semblant se volatiliser, pour réapparaitre d’autant plus rayonnante quelques minutes plus tard !  Après une multitude de photos (d’ailleurs, Benoît est en passe de lancer un nouveau concept pour allier mode et culture, avec des photos en sous-vêtements ! 😀 ), nous sommes redescendus jusqu’à la cité, au sein de laquelle nous nous sommes baladés un moment.  Après avoir fait tout le tour du site du Machu Picchu, repus de photos et plein d’images en tête, nous sommes repartis vers Aguas Calientes.

Quelques heures de marche dans l’autre sens et nous retrouvions nos chers vélos sans dommage (bien qu’un événement mystérieux, avec une clef inconnue trouvée dans notre chambre nous intriguera encore bien longtemps – mais c’est une longue histoire).  Le lendemain, retour vers Cusco, en voiture et minibus cette fois, nos vélos accrochés sur le toit.  Avec notre vol réservé quelques jours plus tard, c’est un nouveau bus qu’il fallait trouver pour rejoindre Lima dans les temps.  A Cusco, nous avions encore juste le temps de voir une dernière fois notre amie Corinne, très sympathique cycliste Américaine croisée à plusieurs reprises depuis San Pedro de Atacama au Chili, et avec laquelle nous avions gardé des contacts assez réguliers par mail.  Une vraie « addict » du voyage à vélo, elle qui a déjà parcouru énormément de pays depuis beaucoup d’années et qui semble toujours aussi enthousiasmée par ce type de voyage et de découvertes 🙂

Après une vingtaine d’heures de bus (une bonne « mise en jambe » avant notre trajet vers l’Asie…), nous voici arrivés à Lima, chaleureusement accueillis dans la famille de connaissances.  Saturnino nous a aidé de son mieux, presque de manière paternaliste, pour que tout soit aussi bien prêt que possible avant notre avion (démontage des pédales, cartons et autre matériel pour emballer et protéger les vélos, transport jusqu’à l’aéroport), son fils nous a fait une petite visite du centre-ville, alors que sa fille, Fiorella, nous faisait goûter toutes les spécialités péruviennes !

Cette fois, notre emballage des vélos était un peu moins amateur que la fois précédente (est-ce que les vélos en sont mieux protégés pour autant, c’est une autre histoire…), tous nos sacs étaient bouclés et nous étions fin prêts pour nous lancer vers les contrées asiatiques !

Après 3 mois incroyables passés sur les routes sud-américaines, ayant parcouru l’interminable pampa argentine, côtoyé les sommets dans la Cordillère des Andes, visité des sites touristiques majestueux et à la hauteur de leur réputation, découvert des endroits d’une beauté insoupçonnée, souffert et eu peur à certains moments, apprécié et profité de l’instant à beaucoup d’autres, et fait tant des rencontres humaines touchantes et inoubliables, c’est la tête pleine de souvenirs que nous terminons ce chapitre de notre périple !

A présent, nous commençons l’écriture du chapitre suivant.

–  Antoine

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En route vers l’ancienne cité Inca : Cusco

La Paz, 16 Janvier. Nous finissons nos quelques courses dans le centre de la capitale, et à vélo ! Détail qui prend toute son importance dans cette ville perchée à flanc de montagne, où les rues pentues en décourageraient plus d’un !

Nous en profitons pour manger par ci et là. À un endroit nous savourons Tucumañia et Salteñias, à un autre nous engloutissons de très bons hot dogs !

La journée défile assez rapidement et nous nous mettons définitivement en route pour El Alto afin d’arriver avant la nuit. C’est une véritable ascension qui nous attendait là, hélas avec le trafic de la ville. Respirer à plein poumon ces gaz d’échappement me dégoûte, j’en avais presque envie de vomir … Heureusement, au fur et à mesure que nous prenions de la hauteur, la vue sur la cité et les sommets enneigés était de plus en plus incroyable. Après une petite heure de montée, nous rejoignons enfin le plat de El Alto, banlieue de La Paz, puis la Casa Waki où travaille notre ami belge en tant que volontaire.

Nous nous initions ainsi au « wally », mélange de volley et de squash, et nous en profitons pour passer de très bonnes soirées autour de pizzas (qui l’eut cru !), toasts faits maison et cervezas. Une chose est sûre, les boliviens sont de très gros fêtards, qui ne connaissent hélas pas toujours leur limite ! Difficile d’essayer de les ramener après la soirée, quand ils passent en mode « zombie »…

Nous reprenons véritablement la route le 18 Janvier pour rejoindre les rives du légendaire lac Titicaca, plus haut lac navigable du monde. Nous décidons d’ailleurs de passer par Copacabana, dernière ville bolivienne avant le Pérou, pensant pouvoir continuer sur les routes de l’Alti Plano. Pour y accéder, on se rend très vite compte que les rives de ce magnifique lac ne sont en fait que les pentes des sommets qui émergent directement de l’eau. A défaut donc d’avoir les routes plates tant attendues, nous retrouvons l’asphalte sinueux qui nous emmène toujours plus haut. L’effort est présent mais nous commençons franchement à être habitués au dénivelé. Néanmoins la beauté des montagnes verdoyantes ne cesse de nous émerveiller et ce lac, qui change de couleur au gré des nuages et du ciel, est tout simplement formidable ! A certains endroits, l’eau s’étend à perte de vue. A d’autres, la proximité des pentes rocheuses me rappellent les fjords norvégiens qu’il faut ici aussi parfois traverser en bateau. Attention, on est loin des ferry nordiques imposants et tout en métal. Non non, ici, on traverse sur de relativement grosses barques en bois mais motorisées (2 voitures max ou un bus). La notre était d’ailleurs manoeuvrée par un gosse de 10 ans, qui faisait très bien ça soit dit en passant !

Après des dizaines de kilomètres dans ce décor grandiose et après un ultime col, la vue se dégage soudainement et dévoile la très belle ville de Copacabana, entourée de petits sommets et délimitée par le bleu azur du lac.

Nous savourons ce point de vue avant d’entamer une descente bien méritée, et tant appréciée comme toujours ! En bas, nous en profitons pour échanger tous nos bolivianos en soles du Pérou, après avoir fait le ravitaillement en vivres dans un petit marché très coloré. Nous croisons notre première grosse meute de chiens errants (13 au total) qui heureusement ne nous causa pas soucis !

Avec une certaine excitation, nous passons la frontière péruvienne où nous nous voyons attribuer un nouveau tampon à notre collection. En longeant les rives, nous avons l’occasion d’installer plusieurs fois notre bivouac à côté du lac. Sans aucun doute, je me rappellerai très longtemps de celui où, de ma tente, j’entendais le doux clapotis des vagues tout en contemplant les cimes rocheuses enneigées qui semblaient flotter au loin. Inoubliable.

Le lendemain, le soleil est au rendez-vous et nous en profitons pour piquer une tête dans le lac. Un peu frisquet, ça piquotte et raffermit la peau mais cela ne nous arrête pas, quel instant exceptionnel et mémorable pour nous !

Nous poursuivons notre route et préparons déjà un peu les festivités qui s’annoncent en achetant confettis, serpentins, rhum et Pisco (alcool de raisin). Comme souvent ces derniers jours, la fin de journée s’accompagne d’un temps plutôt menaçant. Dans le cas présent : un bel orage. Avec un temps pareil, nous cherchons un endroit où nous habriter et éviter les inondations. C’est ainsi que nous bifurquons sur un sentier boueux en direction de quelques fermes situées en contrebas de belles montagnes aux sommets enneigés. Une fois arrivés, Daniel et son fils Ismael viennent à notre rencontre. La communication n’est pas des plus aisées mais le fait qu’il est loin d’avoir toute ses dents y est pour beaucoup. Nous nous retrouvons donc dans leur « cuartito », assis et buvant un bon maté. Avec une attention d’écolier, nous écoutons attentivement Daniel qui ne cesse de nous répéter que Dieu nous a mis sur son chemin, que nous sommes les bienvenus et que surtout : « tranquilo amigos ! ».

L’orage claque et gronde dans les montagnes alentours et la pluie mêlée de grêle animent la taule ondulée qui nous surplombe. Ainsi, c’est dans cette cahute en briques de terre à moitié perdu dans la cordillère, que nous levons un verre à mon 24e anniversaire.

Au réveil assez matinal nous rencontrons Léon, le propriétaire des terres et le frère de Daniel. Les sommets qui nous entourent sont maintenant recouverts d’une fraîche couche de neige. Le blanc est éclatant à cause du soleil et d’autant plus contrastant avec les contrebas verdoyants. Quel spectacle magnifique. Plus tard, Léon nous fait visiter les lieux et nous explique sa vie d’agriculteur ainsi que les problèmes que rencontre le Pérou. Alors que Benoît et moi buvons littéralement ses paroles et lui posons un tas de questions, Antoine s’adonne à la traite manuelle des vaches sous le regard attentif d’Ismael.

Nous repactons nos vélos comme nous avons si bien l’habitude de le faire maintenant et j’en profite pour remplir nos gourdes avec l’eau du puits. Je reste cependant perplexe devant ces sortes de petites larves qui gigotent à la surface de mon eau. Je ne fais mine de rien devant Léon de peur de le vexer, mais j’avertis mes deux amis de la situation. Celle là, on ne la boira pas !

Une soixantaine de kilomètres plus loin, nous franchissons la barrière des 6000 km avant de passer sans doute notre dernière plus haute nuit du voyage à 4338 m d’altitude. Quel régal ! Je contemple inlassablement, et admiratif, les crêtes vertigineuses qui nous entourent.

Nous descendons le lendemain la vallée aux allures alpines et très fertiles. Les cultures façonnent le paysages et nous décidons d’ailleurs d’y trouver un endroit confortable pour planter la tente. Chose plus difficile qu’il n’y paraît puisque nous faisons face à certaines craintes d’un habitant qui commençait sérieusement à me gonfler. Un peu énervés d’avoir discuter avec ce parano sans obtenir de réelles solutions à notre problème, nous faisons la rencontre de Léonidas qui nous propose de dormir dans son ancienne maison où dorment maintenant ses moutons. Problème résolu ! Nous passons un bout de la soirée avec lui, partageant notre « queque » (cake) chocolat d’anniversaire de Benoît autour d’une bonne discussion. Notre hôte semble très intéressé par le voyage et l’on peut lire dans ces yeux qu’il meurt d’envie d’en connaître davantage sur les autres pays. Après lui avoir montré nos cartes, on décide de partager quelques photos avec lui. Après tout, cela fait maintenant presque deux heures qu’on discute avec lui et c’est vraiment un chic type. Après quelques hesitations, nous sortons tout de même notre ordinateur pour lui montrer quelques photos avant qu’il ne rentre chez lui, on ne sait où dans le village précédent. On termine la soirée près des moutons en fêtant calmement les 24 ans de Bob, savourant chaque gorgée de Pisco.

Le matin suivant, nous harnachons nos montures avant de faire notre traditionnelle photo avec nos hôtes. Léonidas nous propose d’aller faire une autre photo un peu plus loin car le paysage y est magnifique parait-il. À quelques dizaines de mètres de là, nous y sommes. Perso, je trouvais que ça ne cassait pas des briques son point de vue mais bon… Faisons une petite photo souvenir tout de même ! Je me dit également qu’il est vachement macho ce gars pour ne pas proposer à sa femme de venir avec nous pour la photo. Soit, cultures et traditions ne se discutent pas toujours !

Cette journée là, on pète la forme. Près de 70 km sont avalés sur la matinée et nous arrivons à Urcos. Comme presque chaque jour, on se commande un « almuerzo » (dîner de midi) bien bourratif, composé d’une bonne soupe suivie d’un plat de viande avec féculents et quelques légumes.

Avant de repartir, je décide de graisser ma chaîne qui commençait non plus à chanter, mais à jouer des percussions. Tiens c’est étrange, en fouillant après la burette d’huile dans notre sac « outils », je palpe la housse de l’ordinateur qui me paraît anormalement molle.

Surprise, l’ordinateur n’est plus là. Bordel, je commence déjà à m’énerver puis je me dis que quelqu’un l’a sans doute déplacé ailleurs pour une bonne raison. Je demande à Bob qui est aussi surpris que moi. Ça commence à sentir le roussi tout ça … Ensuite à Antoine. Le verdict tombe enfin, aussi dur soit-il : notre ordinateur a disparu avec toutes les données qu’il contenait. J’en ai déjà presque mal la tête rien que d’y penser. Inutile de s’énerver davantage, trouvons plutôt une réponse rationnelle à ce mystère.

Après concertation, quatre scénarios s’offrent à nous. Le premier, peu plausible mais on veut y croire, est qu’il se trouve dans l’une de nos sacoches vélo par inadvertance. Cette hypothèse est très vite écartée après avoir fouiller les sacoches de fond en comble. Le deuxième est qu’on se le soit fait voler en traversant un petit marché le matin, grouillant de monde. Le larcin nous semble presque irréalisable mais peut-être sommes-nous les victimes d’un pick-pocket à l’audace et l’agilité démesurées. Si tel est le cas, nous ne le saurons hélas jamais. Le troisième et quatrième scénarios impliquent de retourner 70 km en arrière, et qui consistent à avoir oublier le PC « chez » nos hôtes ou de se l’être fait subtiliser par eux-même (par exemple par sa femme qui n’était pas présente pour la dernière photo et savait parfaitement où se trouvait l’objet de convoitise…). Hors de question d’y retourner à vélo ce qui pourrait compromettre nos envies d’explorer la région du Machu Picchu à vélo. Nous décidons donc de retourner en bus à deux (Benoît et moi-même) pendant qu’Antoine surveille le reste de nos affaires à l’auberge.

Plus de deux heures plus tard, nous revoilà à la case départ. Par chance, notre « ami » est là entrain de rentrer ses moutons. Aussitôt, nous lui expliquons que nous pensons avoir oublier notre ordinateur dans l’abri à moutons et demandons poliment pour y retourner. Nous inspectons l’endroit minutieusement et sans réelle surprise, pas d’ordinateur. Le nombre de scénarios commence franchement à diminuer inversement proportionnel à la colère en moi qui ne fait qu’augmenter. Ce type ne m’inspire clairement plus confiance et je perçois un ton étrange dans sa voix quand il nous parle. Je me méfie de ses gestes presque comme de la peste.

Que faire à présent ? Ça me démange tellement je suis persuadé qu’il est coupable. Nous ne savons même pas où il habite et le temps coule. Devons nous le forcer à nous amener chez lui et fouiller sa maison ? Mais comment ? Et même si nous y parvenions, il ne se laissera clairement pas faire, qu’est-ce qui nous attend là-bas ? Il peut clairement appeler ses potes en Queshua qu’on n’y comprendrait pas l’ombre d’un mot. Faire intervenir la police ? Que vaut-elle ? Comment expliquer en Espagnol qu’on le croit coupable ? Avec quelles preuves ? On doute d’ailleurs encore avec l’hypothèse du marché … Et surtout, combien de temps ça prendrait ? Ne jours sont clairement comptés avant Lima et loin de nous l’idée de sacrifier la visite du Machu Picchu au profit de quelques jours en compagnie de la police péruvienne. Tellement d’obstacles entre nous et l’ordinateur. La nuit commence d’ailleurs à tomber et avec elle vient le moment de trancher. Il faut se décider… Après réflexion, nous en concluons avec amertume que nous ne reverrons pas notre ordinateur. Au final, les seules données réellement perdues ne sont pas énormes. Toutes les photos sont encore sur les appareils ou sur clé USB. Seuls quelques séquences vidéo brutes de mon compact sont sur l’ordinateur mais déjà compilées et sur le net. La suite du voyage est plus importante à nos yeux, mais je ne peux m’empêcher d´être en colère et dégoûté.

Entassés dans le bus du retour, où une dizaine de personnes au bas mot n’ont d’autre choix que de rester debout dans l’allée centrale, je ne cesse de penser à ce qui venait d’arriver. Il fait une chaleur étouffante dans ce bus et comme si ce n’était pas suffisant pour aujourd’hui, deux espèces d’alcooliques n’arrêtent pas de se vautrer dans l’allée. Je commence à perde patience quand enfin, nous arrivons à destination…

Nous rejoignons Antoine à l’auberge. Je tente d’ouvrir la porte mais je casse la clé dans la serrure. Décidément, il y a des jours où il est mieux de rester bien sagement au lit … Bien entendu, pas de serrurier disponible à cette heure. Il y en a t il seulement un dans ce village ? A notre disposition, le propriétaire de l’auberge nous envoie un garçon d’une dizaine d’année pour résoudre le problème… Cinq-dix minutes passent à chipoter avec une aiguille. Pas très concluant. J’en profite qu’il cède sa place pour tenter ma chance. L’idée de défoncer le barillet me traverse l’esprit mais je résiste et tente une approche plus délicate. Je sors mon gros couteau et réussis à extirper le morceau de clé cassé grâce à l’extrémité de ma lame. OUF, plus qu’à demander le double au propriétaire…

Après une bonne nuit de sommeil, nous nous mettons en route pour Cusco, ancienne capitale Inca. Nous continuons de progresser dans les très belles vallées fertiles. Enfin se profile la cité. Une fois sur la place d’Armes, nous sommes épatés par les cathédrales, églises et autres bâtiments religieux construits par les Espagnols. La ville nous rappelle clairement l’Espagne avec ses toits en tuiles rouges. Nous profitons de cette halte pour se reposer, visiter et planifier la suite de notre voyage vers le légendaire Machu Picchu.

– A SUIVRE … – 😉

– Benjamin

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Téléphone inutilisable

Depuis les rives du Lac Titicaca, je vous annonce que nous sommes bien arrivés au Pérou !

Hélas, notre téléphone ne fonctionne pas ici au Pérou (opérateurs identiques à ceux d’Argentine).

Nous continuons notre progression vers Cuzco d’où nous posterons pleins de nouvelles news.

D’ici là, nous avons prévu de quoi fêter nos deux anniversaires (Benjamin et Benoît) au bord du légendaire Titicaca !

A très bientôt,

– Benjamin pour les bikers

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