Rencontres avec Oxfam-Solidarité: échanges, enseignements, enrichissements

Voici déjà de longs mois que nous sommes rentrés au pays, mais c’est en vous communiquant le goût du voyage, en vous contant nos aventures, en vous racontant nos rencontres et en vous exprimant tout l’enrichissement que nous avons tiré de ce voyage, que nous pouvons réellement boucler la boucle. Après les conférences réalisées il y a quelques mois, il est enfin temps de vous parler du travail d’Oxfam-Solidarité et des rencontres que nous avons eues avec ses travailleurs.

Notre vision d’Oxfam avant la grande aventure

Lorsque nous avons décidé de soutenir une association à l’occasion de notre voyage à vélo, notre choix s’est porté sur Oxfam-Solidarité. A l’époque, notre vision du travail d’Oxfam n’était pas tout à fait complète. Nous savions que cette ONG œuvre à lutter contre la pauvreté, à protéger les droits des travailleurs et les droits des femmes dans les pays en voie de développement, à garantir à chaque homme et femme un salaire décent et des conditions de travail acceptables, à permettre à chaque travailleur de pouvoir faire entendre sa voix, de bénéficier d’une certaine « sécurité sociale » et de vivre dans un monde en paix. Dans les pays en voie de développement, Oxfam-Solidarité travaille constamment en partenariat avec des acteurs locaux, des associations locales qui militent et œuvrent à défendre les droits des travailleurs.  C’est en soutenant l’action de ces associations locales, en les conseillant, en les supportant financièrement et matériellement, qu’Oxfam est actif dans le sud. Parallèlement, Oxfam-Solidarité est actif dans les pays du nord, à travers un plaidoyer politique auprès des instances belges et européennes, ainsi que par un travail de sensibilisation et de conscientisation de la population occidentale, sans oublier enfin la levée de fonds et la recherche de dons pour soutenir les projets dans le sud.

Avant de rencontrer les employés d’Oxfam, en Belgique, au Laos et au Vietnam, nous avions déjà en tête que cette ONG œuvre au développement des pays les plus pauvres, non pas en période de crise, mais effectue principalement un travail de fond et de longue haleine pour améliorer durablement la vie d’êtres humains nés dans un monde moins favorable et moins confortable que le nôtre. Ainsi, cette ONG n’a pas comme volet d’action principal d’apporter nourriture ou aide médicale d’urgence en cas de guerre ou de catastrophe naturelle. Oxfam-Solidarité n’a pas non plus comme philosophie d’aller construire des puits ou des écoles dans des pays du sud, ni d’aller apprendre à des pêcheurs de ces pays de pêcher à la « méthode belge » pour assurer leur subsistance.

Par contre, Oxfam-Solidarité encourage les initiatives prises localement par les personnes les plus concernées par les difficultés auxquelles il faut faire face, c’est-à-dire les travailleurs eux-mêmes. Elle soutient ces initiatives, les conseille, les aide à se développer, à se renforcer, et à se nourrir des expériences similaires apparaissant dans d’autres pays en voie de développement.

Dis comme ça, ça doit sans doute vous paraitre encore assez flou. Et il en était un peu de même pour nous avant de rencontrer différents de leurs membres et d’avoir un regard un peu plus attentif sur le fonctionnement d’Oxfam-Solidarité, éclairé par les explications de ceux-ci.

Et notre vision d’Oxfam après le voyage !

Notre arrivée dans les bureaux d’Oxfam-Solidarité du Laos.

 Rencontre avec les acteurs d’Oxfam-Solidarité

Avant le départ et lors de notre passage en Asie du Sud-Est, nous avons pu rencontrer différentes personnes actives au sein d’Oxfam :

  • Dominique, responsable des programmes au Laos, et toute l’équipe d’Oxfam-Belgique au Laos
  • Hilde, basée à Bruxelles et coordinatrice des programmes pour l’Asie du Sud-Est
  • Thibaut, responsable des programmes au Vietnam et au Cambodge
  • Sandrine et Julien, basés à Bruxelles et actifs dans la récolte de fonds et la communication de l’ONG

Un problème concret : l’accaparement des terres

Prenons un exemple concret pour vous expliquer l’action d’Oxfam-Solidarité.

La problématique est la suivante : un des grands défis actuels pour lequel Oxfam travaille est la lutte contre « l’accaparement des terres ». Cette expression un peu saugrenue définit un phénomène croissant et inquiétant dans les pays du sud, voyant divers investisseurs et de grosses multinationales s’emparer des terres de paysans démunis. Les paysans sont souvent bien impuissants pour résister contre ces grandes entreprises qui profitent de la moindre faiblesse du propriétaire pour lui voler ses terres (besoin d’argent après une mauvaise année, problème de santé, terres rendues impropres aux semences classiques dû à l’utilisation de produits chimiques divers, vantés comme bénéfiques pour le producteur), quand ce ne sont pas les autorités qui facilitent les manœuvres…

Le comble de cette histoire est que l’ancien propriétaire est souvent engagé pour travailler ensuite sur ces mêmes terres, mais pour cultiver des plantes toutes autres que celles nécessaires à la subsistance de sa famille, ou à ne toucher qu’une part de la production trop faible pour pouvoir vivre dignement et se nourrir suffisamment.

Comment peut-on lutter contre cette problématique ? En voici un exemple.

Lao Farmer Products

 

Au Laos, nous avons eu l’occasion de rencontrer une association locale partenaire d’Oxfam, Lao Farmer Products. Des producteurs du Laos se sont réunis pour tenter de se protéger, de s’entraider et de se développer afin d’améliorer leurs conditions de vie. Oxfam-Solidarité appuie cette association, lui donne des moyens financiers et logistiques pour se développer et fonctionner efficacement. A l’initiative d’Oxfam, des rencontres et des formations sont organisées en rassemblant les membres de différentes associations locales d’Asie du Sud-Est (Laos, Cambodge, Vietnam), afin que ces partenaires s’échangent et partagent leurs idées, leurs vécus, leurs expériences et leurs stratégies d’action. Oxfam encourage les coopératives et les syndicats et s’appuie sur la structure sociale et associative déjà existante pour faire avancer les choses en termes de défense des travailleurs, tout en les conseillant ou en proposant des stratégies nouvelles. Souvent, l’action d’Oxfam passe également par l’utilisation de leviers jouant sur le niveau politique pour défendre les travailleurs.

Ainsi, pour lutter contre l’accaparement des terres, le développement de l’agriculture biologique peut se révéler être une stratégie payante. En plus de permettre au producteur de tirer un meilleur revenu de ses ventes, grâce au label « bio » qu’il peut apposer sur ses produits, la production biologique nécessite que des zones entières de villages soient certifiées par les autorités locales, zones devant être groupées et isolées afin d’éviter la contamination par les pesticides utilisés sur les champs voisins. Ce regroupement des terres les assure une meilleure protection face aux multinationales qui désireraient se les approprier, les activités agricoles de ces dernières n’étant pas souvent compatibles avec l’agriculture biologique… Hélas, ceci n’est pas une garantie absolue mais dans le meilleur des cas, le paysan s’en trouve ainsi mieux protégé et peut durablement améliorer sa santé et ses conditions de vie. Ce n’est pas tout ! Par ces actions de groupe, les paysans s’unissent sous une même bannière pour faire entendre leur voix, qui pèse dès lors plus lourd auprès des autorités.

Par toutes ses actions, Oxfam tente de conscientiser les paysans, de les rendre attentifs aux problématiques qui les touchent le plus directement, et de leur donner des clés pour se défendre et se développer.

Pour conclure

Le travail d’Oxfam est véritablement un travail de fond, complexe et difficilement mesurable. La défense des travailleurs du sud autant que la conscientisation des populations du nord n’est pas quantifiable, comme pourrait l’être un nombre de médicaments ou une quantité de nourriture envoyés pour aider une population démunie. Un don n’est pas directement correspondant à un objet « concret » qui aide une famille ou qui permet la scolarisation d’un enfant dans une école tout nouvellement construite grâce aux dons. Mais votre soutien a malgré tout permis des avancées pour les populations démunies soutenues par Oxfam !

En continuant à soutenir Oxfam-Solidarité et son travail de longue haleine, les choses s’amélioreront peu à peu pour s’approcher d’un monde plus juste, plus solidaire, plus respectueux de chacun et de notre planète !

Au terme de notre voyage, nous sommes fiers d’avoir soutenu cette ONG et d’avoir apporté, à notre petite échelle, notre pierre à l’édifice. Nous nous sentons toujours plus en phase avec les valeurs que défend Oxfam-Solidarité, et nous sommes heureux d’avoir pu vous faire part de cela à l’occasion de notre voyage à vélo.

Encore un énorme merci à vous tous, suiveurs et donateurs, pour la confiance et l’enthousiasme que vous nous avez témoignés tout au long de ce périple, autant humain et personnel, que sportif et solidaire !!

Antoine, Benjamin et Benoît,

Les Belgian Solidarity Bikers

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